Amnesty International a publié ce mardi son rapport 2018 concernant le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. L’ONG, qui se consacre aux Droits de l’Homme, dénonce ainsi les assassinats de palestiniens par les troupes israéliennes, l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat saoudien d’Istanbul en Turquie.

Au niveau régional, Amnesty International dénonce le traitement fait aux opposants politiques et aux acteurs de la société civile en Egypte, en Iran et en Arabie Saoudite.

Une grande partie du rapport concerne les violences faites aux populations palestiniennes, confrontées à la répression israélienne.

Le rapport d’Amnesty International

Lien externe

Le site d’Amnesty International (FR)

Des améliorations relatives notées concernant le Liban

L’adoption d’une loi sur les disparus de la Guerre Civile saluée.

Amnesty International indique que le Parlement libanais a adopté une loi créant une commission nationale chargée d’enquêter sur le sort de milliers de personnes disparues ou disparues de force lors du conflit armé de 1975 à 1990 au Liban, permettant de conclure une campagne débutée il y a plus de 30 ans par les associations de familles des victimes concernées, ainsi que leurs organisations partenaires.

L’amendement de la loi permettant à un violeur d’épouser sa victime

Au Liban, Amnesty International note les changements législatifs concernant les violences d’ordre sexuelles, allusion à l’amendement de l’article 522 du code pénal qui permettait précédemment aux personnes suspectées de viol d’épouser leurs victimes pour éviter l’emprisonnement.

Une amélioration positive concerne également le traitement des relations homosexuelles. Une cour de justice locale aurait ainsi statué sur le fait qu’une relation consentante de 2 individus du même sexe ne serait pas une offence criminelle.

Amnesty International estime cependant qu’en dépit de ces améliorations, les forces de sécurité continuent à harceler la communauté homosexuelle du Pays.

Les auteurs du rapport notent également des développements significatifs concernant « les violations passées », sous entendant le passage d’une loi qui permet aux familles des disparus de la guerre civile libanaise de demander des éclaircissement sur la disparition de leurs proches et la justice.

Des améliorations notées dans le traitement des réfugiés présents au Liban

Amnesty International a noté des améliorations de la part des autorités publiques dans le traitement des réfugiés syriens.

Le Liban a accueilli 1,5 million de réfugiés syriens, dont 950 334 enregistrés selon un rapport du HCR, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, publié le 30 novembre.

Ainsi, dans le volet des améliorations, l’ONG note que les autorités libanaises l’enregistrement des naissances des déplacés syriens au Liban.

Ils notent également que 300 000 réfugiés présents en Turquie et au Liban seraient retournés en Syrie en raison des conditions humanitaires des pays limitrophes.

Ces retours au Liban seraient effectués soit de manière volontaire ou dans le cadre d’un programme de retour de la Sureté Générale.

« Les conditions humanitaires désastreuses dans les pays voisins – exacerbées par le manque d’aide humanitaire, l’incapacité des réfugiés à trouver un emploi et les obstacles administratifs et financiers à l’obtention ou le renouvellement de permis de séjour – ont poussé les réfugiés à rentrer. « 
Rapport 2018 d’Amnesty International

70 groupes seraient ainsi retournés en Syrie.

Amnesty International dénonce cependant le traitement des travailleurs étrangers au Liban

L’organisation dénonce cependant le traitement fait aux employés étranger au Liban, à Bahrain, en Jordanie, au Koweit, et en Arabie Saoudite, contrairement au Maroc, Qatar et Emirats Arabes Unis où ces conditions se seraient améliorées. Les dispositifs existants ne permettent pas, selon l’ONG, à ces personnes de fuir des conditions de travail abusives.