L’autorité en charge du Litani a publié une série de photographies sur les réseaux sociaux, accusant les résidents des camps de réfugiés syriens de jeter leurs ordures dans le Litani.

On peut y voir des sacs et divers autres déchets polluant un de ses affluants dans la région de la Békaa.

Le mois dernier, l’autorité du Litani avait déjà démantelé une série de camps de réfugiés établis le long des berges du fleuve et menacés par la montée des eaux en raison des précipitations plus importantes cette année.

Le Litani est le plus important fleuve libanais qui s’écoule entièrement entièrement sur son territoire. Long de plus de 140 km, il traverse la plaine de la Bekaa et se jette dans la mer Méditerranée, au nord de Tyr. Il alimente en eau toutes ces régions. Un projet pour alimenter Beyrouth à partir du Litani est également à l’étude. Ce projet est cependant conditionné au nettoyage de ses eaux.

Outre la pollution engendrée par les déchets jetés dans le fleuve, il est également la victime de rejets industriels sauvages. L’Autorité du Litani, en coopération avec les Ministères de l’Industrie et de l’Environnement avait réussi à fermer plusieurs unités industrielles. Des scènes où la rivière du Berdaouni, un autre affluant du Litani ont changé de couleurs avaient défrayé les informations libanaises. En cause, notamment  227 usines, installations industrielles, entreprises, fermes et abattoirs outre le rejet sauvage des eaux usées et l’absence d’unités de retraitement des déchets solides.

Une série d’usines de retraitement des eaux devraient également être construites et rendues fonctionnelles le long du fleuve pour lutter contre cette pollution. Un budget de 67 millions de dollars avait ainsi été dégagé en 2018 dans le cadre de ce projet.

Une commission parlementaire avait été formée d’une part en 2018 et une commission interministérielle entre Ministères de l’Industrie et de l’Environnement en mars 2019, ont été ainsi formées pour s’attaquer à ce problème.

Le Liban compte plus d’un million et demi de réfugiés syriens pour une population de 4.5 millions de ressortissants libanais. Cette présence cause une pression importante sur ses infrastructures déjà déficientes.