Après l’Insulte de Ziad Doueïri en 2018, c’était au tour de Nadine Labaki de faire rêver tout un pays – le Liban si on doit encore le dire – avec son chef-d’oeuvre Capharnaüm.

On croyait tous qu’avec ce long métrage, elle obtiendrait la fameuse statuette lors de la 91ème cérémonie des Oscars. On croyait tous que le périple d’un jeune réfugié, une histoire qui pourrait être vrai au final, ferait chavirer les coeurs de la capitale mondiale du Cinéma.

Il exposait la réalité cruelle sociale et économique du Liban d’aujourd’hui et non le visage d’Epinal que certains aiment nous laisser croire. C’est avec cette réalité qu’il est allé aussi loin. C’est cela aussi la morale de l’Histoire. Les Libanais doivent cesser de se mentir, affronter la situation telle qu’elle est pour l’améliorer et non pas se voiler la face.

C’est finalement le Mexicain Alfonso Cuaron avec Roma qui ramènera cette statuette chez lui. Cette attribution révèle désormais que le Cinéma, ce 7ème Art est définitivement rentré dans une nouvelle ère:
Celle de la concurrence entre les grands studios et celle du Streaming puisqu’il a été commandé par Netflix.
Pour s’en consoler, on peut toujours prétendre qu’il ne s’agit pas d’un vrai film de Cinéma. Roma n’a, en effet, pas été diffusé en salle. Il faut un abonnement à ce service de diffusion par Internet pour le visionner.
Au Liban, on est encore quelque peu pénalisé dans le domaine.

Pour autant, Nadine Labaki n’a pas démérité dans son aventure. Bien au contraire!

Nos réalisateurs ont du talent.

Non, pas que la génération précédente n’en possédait pas, mais les époques étaient différentes. Nos artistes actuels possèdent le talent et l’ouverture sur le Monde dont ils ne pouvaient pas précédemment profiter.
Pour autant, la bataille aujourd’hui n’est pas seulement dans les salles de cinéma mais également dans les services nouveaux à offrir au spectateur et en premier lieu à celui du Streaming en Ligne.

Pour qu’une oeuvre fasse l’objet d’une nomination à l’Oscar du Meilleur Film Etranger, il est nécessaire que les services d’un pays l’a soumettent. Un seul film seulement par pays. Le Ministère de la Culture précédent a donc bien fait son travail. Mais ce sont les bons outils qui font les bons artisans.

Nous avons, en effet, des cinéastes qui nous rêver et vivre avec notre temps

Avant Capharnaüm, Nadine Labaki nous fait craindre un retour à la guerre civile avec « Et Maintenant on va ou ». De même dans les années 1990, West Beirut de Ziad Doueïri nous exorcisait de cette même guerre civile. Joana Hadjithomas et Khalil Joreige avec « L’étrange histoire de l’aventure spatiale libanaise » nous ont fait rêver des étoile. Pour ne pas citer Danielle Arbid, Philippe Aractingi et Bosta, et tant d’autres.

Il convient également de saluer ceux qui ont contribué au Cinéma Libanais durant la même guerre civile, notamment les défunts Maroun Baghdadi, décédé trop tôt en 1993 et Jocelyne Saab, décédée il y a peu.

Capharnaüm a eu une belle carrière. Il a en effet déjà reçu différents prix et non des moindres comme celui du comme au festival de Cannes pour son édition de 2018. C’était déjà une première pour le Cinéma Libanais. Il y sera d’ailleurs primé 3 fois, avec le prix du jury, le prix du jury œcuménique et le prix de la citoyenneté.

Il s’agit maintenant de passer à la suite. La barre est haute mais le défi devient beaucoup plus intéressant, celui de ramener un Oscar au Liban.

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