Les derniers articles

Articles liés

ONU : visas pour l’Iran, refus pour les Palestiniens

- Advertisement -

L’administration de Donald Trump a autorisé le président iranien Massoud Pezeshkian, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et une délégation réduite à se rendre à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies. La décision intervient alors que les États-Unis et l’Iran sont en guerre depuis plus de six mois. Elle contraste surtout avec celle prise la veille par Washington : le président palestinien Mahmoud Abbas et sa délégation se sont vu refuser leurs visas pour participer au même rendez-vous diplomatique.

Washington ouvre l’ONU aux dirigeants iraniens

Le département d’État américain a annoncé jeudi 17 septembre avoir approuvé les visas de la « délégation principale » iranienne et du personnel indispensable à sa participation à la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale.

Cette délégation comprend notamment Massoud Pezeshkian et Abbas Araghchi. Elle sera toutefois plus réduite que celle envoyée par Téhéran l’année précédente.

La décision apparaît particulièrement notable en raison de l’état des relations entre Washington et Téhéran. Les deux pays sont engagés depuis plus de six mois dans un conflit qui n’a toujours pas trouvé d’issue diplomatique.

Aucun accord n’est actuellement en vue sur deux dossiers essentiels. Le premier concerne le détroit d’Ormuz et les conditions d’un retour à une circulation maritime normale. Le second porte sur une éventuelle reprise des négociations concernant le programme nucléaire iranien.

La présence de Pezeshkian et d’Araghchi à New York ne signifie donc pas que Washington assouplit sa politique envers la République islamique.

Les sanctions américaines restent en vigueur. Les autorités américaines continuent également de considérer l’Iran comme un État soutenant le terrorisme. Washington a par ailleurs lancé ces dernières semaines une nouvelle campagne destinée à couper ce qu’il présente comme des circuits financiers essentiels pour Téhéran.

Visas iraniens : des obligations liées au siège de l’ONU

Pour justifier l’autorisation accordée aux responsables iraniens, le département d’État a invoqué les obligations américaines en tant que pays hôte du siège des Nations unies.

Les États-Unis disposent en effet d’une marge de manœuvre particulière concernant les délégations étrangères qui se rendent au siège de l’organisation internationale à New York. Cette situation ne les empêche pas d’imposer certaines restrictions.

Washington a ainsi annoncé que les responsables iraniens resteraient soumis à des limitations de déplacement pendant leur séjour. Ils feront également l’objet de restrictions concernant l’achat de produits de luxe et d’autres marchandises.

Les précédentes délégations iraniennes avaient déjà été soumises à des règles strictes. Leurs déplacements dans New York étaient fortement limités autour du siège de l’ONU, de la mission iranienne et des lieux autorisés.

Les responsables iraniens avaient également été empêchés d’effectuer certains achats, notamment dans des enseignes américaines de vente en gros accessibles sur adhésion.

Cette année, Washington ajoute une autre limitation : la délégation autorisée à entrer sur le territoire américain sera plus petite que celle de 2025.

Mahmoud Abbas privé de visa pour la même Assemblée générale

Le contraste est d’autant plus marqué que l’annonce concernant l’Iran intervient seulement un jour après une décision opposée concernant les Palestiniens.

L’administration Trump a refusé les visas demandés par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et les membres de sa délégation pour participer à l’Assemblée générale.

Washington autorise ainsi les plus hauts responsables d’un pays avec lequel les États-Unis sont directement en guerre à se rendre à New York, tout en refusant l’entrée à la délégation politique palestinienne conduite par Mahmoud Abbas.

Le département d’État avance cependant des fondements distincts pour les deux décisions.

Dans le cas iranien, Washington met en avant ses obligations de pays hôte et autorise une délégation restreinte, sous fortes contraintes.

Concernant les Palestiniens, l’administration américaine reproche notamment à l’Autorité palestinienne ses démarches devant des juridictions internationales et sa politique de versement d’allocations liées à des Palestiniens détenus par Israël.

Les États-Unis accusent également l’Autorité palestinienne de chercher à « internationaliser » le conflit israélo-palestinien, notamment par ses recours auprès de la Cour internationale de justice et de la Cour pénale internationale.

L’administration Trump estime que ces démarches sont incompatibles avec les engagements qu’elle attend de la direction palestinienne dans le cadre d’un règlement négocié avec Israël.

Deux statuts différents aux Nations unies

La différence de traitement intervient aussi dans un cadre juridique et diplomatique particulier.

Les États-Unis ne reconnaissent pas l’Autorité palestinienne comme le gouvernement d’un État membre à part entière des Nations unies. La Palestine dispose auprès de l’ONU du statut d’État observateur non membre.

L’Iran, à l’inverse, est un État membre des Nations unies depuis 1945. Sa délégation représente donc un membre de plein droit de l’organisation dont le siège se trouve sur le territoire américain.

Ce statut ne supprime pas toutes les possibilités de restrictions américaines. Washington a déjà limité les déplacements de responsables étrangers et peut, dans certaines circonstances, refuser des visas ou décourager certaines demandes.

Mais la situation actuelle produit une image diplomatique inhabituelle : Massoud Pezeshkian pourra accéder à l’Assemblée générale alors que Mahmoud Abbas ne pourra pas s’y rendre physiquement à la tête de sa délégation.

La représentation palestinienne auprès de l’ONU n’est toutefois pas supprimée. Des diplomates palestiniens déjà accrédités peuvent continuer à participer aux travaux de l’organisation.

L’Autorité palestinienne dénonce une mesure punitive

L’Autorité palestinienne a condamné le refus américain et contesté les arguments avancés par Washington.

Elle affirme rester attachée à une solution politique négociée tout en défendant son droit à utiliser les institutions internationales pour obtenir une reconnaissance plus large de l’État palestinien et contester certaines politiques israéliennes.

Son ministère des Affaires étrangères estime que les restrictions imposées à ses responsables ne favorisent ni la paix ni la lutte contre la violence.

La direction palestinienne soutient également que ces mesures affaiblissent les acteurs favorables à une solution politique à deux États. Elle accuse parallèlement Israël de compromettre cette perspective par la colonisation, l’occupation et les projets d’annexion.

Washington présente une lecture différente. L’administration Trump reproche depuis longtemps à l’Autorité palestinienne certaines de ses politiques et considère ses démarches judiciaires internationales contre Israël comme un obstacle au processus diplomatique qu’elle privilégie.

Le différend dépasse donc la seule délivrance des visas. Il touche au statut international de la Palestine, à sa stratégie diplomatique et judiciaire et aux conditions posées par les États-Unis à leurs relations avec l’Autorité palestinienne.

Une délégation iranienne autorisée malgré la guerre

La situation iranienne reste néanmoins exceptionnelle par son contexte militaire.

Les États-Unis et l’Iran sont directement engagés dans un conflit, tandis que les tensions s’étendent aux principales routes maritimes du Moyen-Orient.

Le détroit d’Ormuz reste au centre de la confrontation. Les perturbations de la navigation dans cette zone stratégique ont contribué aux tensions sur les marchés mondiaux de l’énergie.

En mer Rouge, les attaques menées par les Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, contre des infrastructures saoudiennes et la navigation commerciale accentuent également les risques. Les difficultés simultanées sur ces deux voies maritimes ont participé à la hausse des prix mondiaux du pétrole.

Malgré cette confrontation, Washington a choisi de permettre à Pezeshkian et Araghchi de défendre directement la position iranienne devant les Nations unies.

Aucune rencontre avec des responsables américains n’a toutefois été annoncée. La délivrance des visas ne constitue donc pas, à ce stade, l’indication d’une reprise du dialogue bilatéral.

Pezeshkian et Araghchi sous fortes restrictions à New York

La semaine de haut niveau de l’Assemblée générale offrira néanmoins à la diplomatie iranienne une rare possibilité de contacts internationaux dans un même lieu.

Massoud Pezeshkian pourra présenter la position de Téhéran devant les États membres. Abbas Araghchi pourra, de son côté, multiplier les réunions avec ses homologues en marge des séances officielles.

Ces rencontres peuvent permettre des échanges directs ou indirects sur le conflit, le détroit d’Ormuz et le nucléaire iranien. Rien n’indique cependant qu’elles conduiront à une négociation formelle avec Washington.

Les restrictions américaines rappelleront également la nature particulière de cette présence iranienne. Les visas donnent aux dirigeants iraniens accès aux travaux des Nations unies, mais pas une liberté générale de déplacement aux États-Unis.

L’administration Trump maintient ainsi deux décisions parallèles à quelques jours de l’ouverture du rendez-vous new-yorkais : une délégation iranienne réduite pourra entrer aux États-Unis malgré la guerre, sous restrictions strictes, tandis que Mahmoud Abbas et sa délégation palestinienne resteront privés de visas.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

A lire aussi