
Au cours d’une interview donnée à l’Agence France Press, le
premier ministre Saniora a fait porter la responsabilité de tout échec de son
programme de réforme économique à l’opposition libanaise et alors qu’il est
attendu à ce que son gouvernement adopte le plan de relance économique aujourd’hui.
Celui-ci devra être présenté au cours de la conférence Paris III prévue le 25
janvier 2007 à Paris que le premier ministre qualifie d’ « opportunité
unique pour le Liban suite à l’agression israélienne » en raison du
cout de la reconstruction que l’état des cèdres ne peut prendre en charge seul.
« Les réformes (proposées) et qui ne datent pas d’hier
sont ouvertes à la discussion. (…) Si des personnes ont des réserves, ils
doivent nous le dire. (…) Après la conférence dite de Paris III, nous
reviendrons et nous diront aux Libanais « voila ce que nous avons obtenu ».
Si l’opposition ne le veut pas, qu’il en soit ainsi. Si l’opposition veut faire
échouer le programme de réforme, ils porteront la responsabilité de cet échec »
Selon le premier ministre Saniora, 16 milliards de dollars de
prêt arrivent à échéance cette année et le gouvernement demandera le report l’arrivée
à maturité de ceux-ci.
Au sujet des réformes elles même, le gouvernement compte
engager la privatisation notamment de l’EDL qui a couté, selon le premier ministre
1 milliards de dollars aux contribuables libanais en 2006.
Le premier ministre conclue que le programme de sauvetage
économique doit être l’objectif de chacun et que celui-ci ne doit être l’enjeu
de luttes politiques.
Réactions politiques :
Le président de la république a hier rappelé que toute
réunion du gouvernement constitue selon lui une violation de la constitution
libanaise. Il ne s’est pas toutefois prononcé sur le plan de réforme en lui-même.
Le député du Hezbollah, Amine Cherry a rappelé que les
ministres démissionnaires de l’opposition ne participeront pas à la réunion
ministérielle prévue aujourd’hui.
« Ce gouvernement est illégitime et
inconstitutionnel en dépit du sujet qui y est discuté. (…) tout programme de
réforme nécessite un consensus national »
Par un communiqué de presse, le courant des Forces
Libanaises a fait connaître son soutien au plan de réforme prévu pour Paris
III.
Réaction d’économistes :
Hier, un groupe d’économiste avait mis en doute la réussite
de ce plan sans consensus politique pour le soutenir.
Selon l’ancien ministre des Finances, Demianous Kattar, « le
plan présenté par Saniora est un plan de réforme des finances publiques et non
de réformes économiques où se situe le problème » ajoutant par ailleurs que
celui-ci ne présente rien de nouveau : « les prescriptions faites
dans le plan pour Paris III sont les mêmes présentées aux Libanais depuis les
10 dernières années. »
Le Liban, toujours selon Kattar, aurait besoin de 5
milliards de dollars de prêts des pays
arabes, d’une somme équivalente des pays occidentaux et devrait obtenir 5
milliards par un processus de privatisation pour diminuer la dette publique de
15 milliards de dollars. Le processus de privatisation pourrait être cependant
affecté par le climat politique qui reste à l’heure actuelle tendu.
Joe Sarrouh, conseillé à conseil d’administration de la
Fransabank, se demande si l’impact de l’argent qu’obtiendra le premier ministre
pour lancer son plan de réforme économique sera de nature à résoudre les
difficultés économiques actuelles en raison de la baisse des taux d’intérêts globaux
qui amoindrissent les effets de prêts à intérêts réduits que cherche à obtenir
le gouvernement. Il met également en doute l’efficacité de ce programme de
relance et appelle que le soutien de tous les libanais est une condition
nécessaire à la réussite de toute réforme économique et financière.
Autres réactions :
Réaction mitigée également du Conseil Supérieur Chiite pour
qui seul un gouvernement d’union national peut venir à bout de la crise
économique actuelle et qui appelle à la reprise du dialogue, condition
nécessaire pour la réconciliation réelle entre libanais.
« Un gouvernement d’unité national sera assez puissant
et donc capable de servir les intérêts du pays pour soutenir la conférence
Paris III (…) la reprise du dialogue national est nécessaire et les partis
doivent s’abstenir de vouloir monopoliser le pouvoir pour restaurer la
confiance perdu des libanais »
Article restauré depuis les archives historiques de Libnanews via Web Archive.

