À quelques mois de la fin annoncée de la mission de l’UNIFIL, une inquiétude gagne les coulisses diplomatiques libanaises. Elle ne concerne plus seulement le départ des soldats internationaux. Elle porte sur ce qui viendra ensuite. Dans son édition du 29 septembre 2026, Al Joumhouria rapporte qu’aucune formule de remplacement n’est encore prête. Une source diplomatique citée par le journal va plus loin. Elle estime que les difficultés sont telles que le scénario d’un vide dans le Sud devient une hypothèse sérieuse.
Cette alerte intervient alors que la situation militaire reste tendue. Les opérations israéliennes se poursuivent dans plusieurs secteurs du Sud. Les discussions entre le Liban et Israël restent difficiles. Dans le même temps, l’armée libanaise est appelée à étendre son rôle. Ces trois éléments transforment la fin de l’UNIFIL en problème stratégique. Le sujet n’est plus simplement de remplacer plusieurs milliers de soldats. Il faut déterminer qui remplira leurs fonctions, sous quelle autorité et avec quels moyens.
Deux solutions recherchées, aucune encore acquise
Selon Al Joumhouria du 29 septembre 2026, le Liban travaille sur deux possibilités. La première consisterait à maintenir l’UNIFIL sous sa forme actuelle. La seconde serait de créer un dispositif différent, mais conservant un cadre juridique international ou un lien avec les Nations unies. D’après la source diplomatique du journal, aucune de ces pistes n’a encore obtenu l’adhésion nécessaire.
La situation explique l’inquiétude exprimée par plusieurs responsables libanais. Un départ sans solution de remplacement laisserait une zone particulièrement sensible sans le dispositif international qui l’encadre depuis des années. Al Joumhouria rapporte ainsi les craintes d’un vide susceptible d’accroître les risques de confrontation. Le journal évoque aussi la possibilité qu’une telle situation élargisse la liberté d’action israélienne dans le Sud.
La question dépasse donc le nombre de soldats présents. L’UNIFIL constitue également un cadre international. Sa présence relie directement la situation du Sud au Conseil de sécurité et à la résolution 1701. La disparition de cette structure poserait la question du mécanisme appelé à prendre le relais.
Al Akhbar, dans son édition du 29 septembre 2026, rapporte des préoccupations comparables à partir d’une autre séquence diplomatique. Le journal revient sur une réunion tenue au Parlement avec le coordonnateur spécial des Nations unies pour le Liban. Cette rencontre intervenait dans le cadre d’une démarche parlementaire soutenue, selon le journal, par 86 députés en faveur du maintien de l’UNIFIL.
D’après les informations publiées par Al Akhbar, les discussions ont porté sur les risques d’un vide après le retrait de la force internationale. Une présence des Nations unies sous une autre forme et avec des effectifs réduits aurait notamment été évoquée. Toutefois, le représentant international n’aurait pas présenté de solution précise permettant de remplacer immédiatement la mission actuelle.
Le problème identifié au cours de ces discussions serait donc moins la fin de l’UNIFIL en elle-même que l’absence d’une structure capable d’exercer les fonctions qu’elle assure aujourd’hui. Selon Al Akhbar, le représentant international aurait également insisté sur la nécessité de maintenir le Liban sous une forme de couverture des Nations unies.
Une force de 7 500 soldats difficile à remplacer
Al Quds Al Arabi apporte, dans son édition du 29 septembre 2026, une donnée qui permet de mesurer l’ampleur du défi. L’UNIFIL compte alors environ 7 500 soldats provenant d’une cinquantaine de pays. Ils sont déployés dans le Sud, notamment le long des quelque 120 kilomètres de la Ligne bleue.
Ces chiffres montrent pourquoi la question ne peut pas être réduite à un simple transfert de responsabilités. Même si l’armée libanaise devenait la principale force présente après le départ de l’UNIFIL, elle devrait reprendre des missions exercées jusqu’ici avec le soutien d’un important dispositif multinational.
Le commandant de l’UNIFIL, Diodato Abagnara, a lui-même abordé l’échéance. Selon Al Joumhouria et Al Quds Al Arabi du 29 septembre 2026, il a présenté aux représentants des pays participant à la mission un état de la situation dans le Sud. Il a insisté sur la poursuite du soutien à l’armée libanaise et aux communautés locales, ainsi que sur l’importance d’une présence internationale pour favoriser l’application de la résolution 1701.
Al Joumhouria rapporte également ses propos sur la période restante avant la fin de l’année. Le responsable de l’UNIFIL considère qu’il faut utiliser ces mois pour préparer la phase suivante et éviter qu’un vide sécuritaire ne se forme.
Le calendrier offre néanmoins une marge. La disparition de la présence internationale ne devrait pas nécessairement se produire en une seule journée. Al Joumhouria indique que le retrait organisé des forces pourrait être progressif et s’étaler sur une période beaucoup plus longue. Cette transition pourrait permettre au Liban et à ses partenaires de préparer une formule de remplacement.
Mais un délai supplémentaire ne résout pas le problème de fond. Il donne seulement davantage de temps pour trouver une solution.
L’armée libanaise au centre de l’après-UNIFIL
Dans presque tous les scénarios évoqués par les journaux du 29 septembre, l’armée libanaise devient l’acteur central.
Al Joumhouria cite un haut responsable selon lequel, après le départ de l’UNIFIL, l’armée serait la principale force de sécurité sur le terrain. Or ce responsable souligne également les limites de ses équipements et de ses ressources. Il estime donc que les pays partenaires, notamment les États-Unis, devraient lui fournir les moyens nécessaires.
Cette question était également présente lors de la rencontre entre Nawaf Salam et le secrétaire d’État américain Marco Rubio à Washington. Plusieurs journaux du corpus rapportent que le Premier ministre a insisté sur la nécessité de poursuivre le soutien américain à l’armée. Il a relié cette aide à la capacité de l’institution militaire à exercer ses responsabilités sur l’ensemble du territoire.
Al Binaa du 29 septembre 2026 rapporte que Nawaf Salam a demandé une mise en œuvre concrète du cadre tripartite. Celui-ci doit, selon les positions présentées lors de la rencontre, avancer simultanément sur le retrait israélien et sur l’extension de l’autorité de l’État. Le Premier ministre a également demandé un calendrier clair et un mécanisme de vérification.
Le renforcement de l’armée apparaît ainsi comme le point de rencontre entre deux dossiers. Le premier concerne l’après-UNIFIL. Le second porte sur l’autorité de l’État et le monopole des armes.
Cependant, une difficulté demeure. Remplacer une force internationale ne signifie pas uniquement augmenter les effectifs de l’armée dans le Sud. Il faut également lui donner les moyens matériels d’occuper le terrain, de surveiller les secteurs sensibles et de maintenir une présence durable dans une région toujours exposée aux opérations militaires.
Cette question est d’autant plus importante que les incidents continuent.
Un retrait envisagé alors que les opérations se poursuivent
Le contexte du 29 septembre 2026 n’est pas celui d’une frontière stabilisée. Al Sharq rapporte plusieurs opérations israéliennes dans le Sud. Le journal mentionne des bombardements, des frappes aériennes et des destructions dans différentes localités. Il fait également état de mouvements de chars dans le secteur d’Arnoun et de tirs en direction de Zawtar al-Charqiya.
Al Sharq rapporte aussi qu’une unité du génie de l’armée libanaise a démonté une caméra d’espionnage israélienne équipée d’un système d’alimentation solaire près de Wadi Zibqin, dans le district de Tyr.
Al Araby Al Jadid décrit lui aussi une situation de tension persistante. Selon les informations recueillies par le journal et publiées le 29 septembre 2026, Nawaf Salam aurait reçu, lors de son déplacement à New York, des messages négatifs concernant les intentions israéliennes. Israël entendrait poursuivre ses opérations et maintenir la zone de sécurité qu’il a établie dans le Sud.
Ces informations sont attribuées aux sources du journal. Elles ne constituent donc pas une annonce officielle israélienne. Elles permettent néanmoins de comprendre pourquoi la question de l’UNIFIL inquiète autant Beyrouth.
Un départ de la force internationale dans un environnement pacifié poserait surtout une question de transition institutionnelle. Son départ alors que des opérations militaires continuent pose un problème beaucoup plus large.
Le risque serait alors de voir disparaître un dispositif international avant qu’un nouvel équilibre sécuritaire soit établi.
Le rôle international ne se limite pas aux soldats
Le débat sur les effectifs masque une autre fonction de l’UNIFIL. Sa présence crée un intermédiaire institutionnel dans une zone où les armées libanaise et israélienne restent séparées par une frontière extrêmement sensible.
Cette dimension explique pourquoi Al Akhbar insiste sur le souhait exprimé lors des discussions avec le représentant des Nations unies de conserver une couverture internationale. Une force moins nombreuse pourrait éventuellement maintenir une partie de cette fonction, même si elle n’offrait pas les mêmes capacités opérationnelles.
Cette hypothèse rejoint les informations de Al Joumhouria sur l’intérêt manifesté par certains pays déjà présents au sein de l’UNIFIL pour continuer à aider l’armée libanaise. Le journal évoque ainsi la possibilité d’un cadre multinational. Cependant, les questions essentielles restent sans réponse : quel serait son mandat, qui l’autoriserait et quelles missions précises exercerait-il ?
Le statut juridique est déterminant. Une coalition de pays soutenant l’armée n’est pas nécessairement équivalente à une force placée sous mandat des Nations unies. La différence concerne autant la légitimité politique que les mécanismes de coordination.
C’est pourquoi les discussions rapportées par les journaux semblent chercher une formule qui maintienne un lien avec les Nations unies, même en cas de transformation profonde du dispositif actuel.
L’Union européenne se prépare aussi à l’étape suivante
Le sujet est également apparu lors d’une rencontre entre le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal, et l’ambassadrice de l’Union européenne Sandra De Waele.
Al Sharq du 29 septembre 2026 précise que les deux responsables ont abordé explicitement la phase suivant l’UNIFIL. La diplomate européenne a confirmé la poursuite du soutien de l’Union européenne à l’armée libanaise et salué son rôle dans la stabilité du pays.
Cette rencontre ne fournit pas de formule de remplacement. Elle confirme toutefois que les partenaires étrangers du Liban travaillent déjà sur la question de l’après-UNIFIL.
Le défi consiste à transformer ces soutiens politiques en capacités concrètes. L’armée devra disposer de moyens suffisants pour tenir durablement le terrain. Elle devra aussi pouvoir agir dans un environnement où le retrait israélien reste incomplet et où la question des armes du Hezbollah demeure ouverte.
Ces dossiers se croisent désormais directement.
Le danger d’un calendrier désynchronisé
Le principal risque tient peut-être au calendrier.
Le Liban cherche un retrait israélien. Il doit simultanément renforcer le déploiement de l’armée. Les discussions sur les armes doivent avancer. La reconstruction doit commencer. Enfin, une solution doit être trouvée avant que la présence internationale ne disparaisse.
Or rien ne garantit que ces processus progresseront au même rythme.
Si l’UNIFIL se retire avant la mise en place d’un dispositif alternatif, le vide redouté par les sources de Al Joumhouria pourrait apparaître. Si l’armée est appelée à reprendre davantage de missions sans recevoir les moyens nécessaires, le problème serait simplement transféré. Si les opérations israéliennes se poursuivent, la présence de l’armée ne suffira pas à elle seule à créer un environnement stable.
Le maintien d’une structure internationale réduite pourrait donc servir de transition. Mais les fichiers du 29 septembre 2026 ne montrent encore aucun accord sur cette option.
C’est précisément ce qui rend les confidences publiées par Al Joumhouria importantes. Elles révèlent un décalage entre l’approche politique et la préparation opérationnelle. Tout le monde discute de l’après-UNIFIL, mais aucun dispositif de remplacement clairement défini n’apparaît encore dans les sources disponibles.
Trois mois pour préparer une architecture encore inconnue
À ce stade, les journaux décrivent donc davantage une recherche qu’une solution.
Le gouvernement libanais veut préserver une présence internationale ou obtenir une formule susceptible d’en reprendre les principales fonctions. Des parlementaires plaident pour le maintien de l’UNIFIL. Les Nations unies alertent sur le risque de vide. L’Union européenne confirme son soutien à l’armée. Nawaf Salam demande à Washington de renforcer cette dernière. Pourtant, la structure appelée à organiser l’ensemble reste indéterminée.
La question centrale devient alors celle de la transition.
Un retrait progressif pourrait offrir le temps nécessaire. Mais il faudra utiliser ce délai pour définir les responsabilités, les effectifs, les financements et le cadre juridique. Sans cela, le calendrier ne ferait que repousser le problème.
L’après-UNIFIL ne se résume donc pas au départ des Casques bleus. Il oblige le Liban à répondre à une question beaucoup plus difficile : quelle architecture de sécurité peut fonctionner dans le Sud lorsque la présence internationale diminue, alors que le conflit avec Israël n’est pas réglé et que l’autorité militaire de l’État reste au cœur du débat intérieur ?
Les informations publiées par Al Joumhouria et Al Akhbar le 29 septembre 2026 montrent que cette architecture n’existe pas encore. Elles montrent aussi que le risque de vide n’est plus seulement évoqué publiquement comme une inquiétude abstraite. Il est désormais discuté dans les rencontres diplomatiques et parlementaires consacrées à la préparation de la prochaine étape.




