À entendre les différents partis politiques libanais – à l’exception toutefois du CPL qui note qu’il est encore trop tôt pour évoquer les résultats des élections à la tête du parlement – il semblerait que Nabih Berry soit assuré de retrouver le perchoir de l’Assemblée Nationale.

Ainsi, que cela soit le porte-parole des Forces Libanaises Charles Jabbour ou encore le Premier Ministre Saad Hariri, tous s’accordent sur sa réélection. Charles Jabbour, indiquant dans les colonnes du quotidien Asharq el Asouat que Samir Geagea exprime son respect et son admiration à son ami Nabih Berry et confirme que la priorité du mouvement FL est à son élection à la Chambre.

Saad Hariri de son côté confirme ce dimanche que le Courant du Futur qu’il dirige contribuera à la réélection de Nabih Berry et décrit ce mardi sa relation avec ce dernier comme excellente.

Plus étonnant encore, les propos du Ministre de l’Intérieur Nouhad Machnouk, qui s’exprime comme si « les jeux sont faits mais tout va » en lieu et place que rien ne va plus dans un communiqué:
« Nous sommes avec [Berri] … contrairement à ce qui a été rapporté que le Mouvement du futur ne reviendra pas [voter à nouveau] pour Berri après les élections parlementaires ».
Chose est d’autant plus choquante de la part de Nouhad Machnouk est qu’il y a là présentement un conflit d’intérêt puisque le Ministre de l’Intérieur, organisateur de ces élections, est censé garantir le suspens démocratique… et non garantir la réélection d’une personne préalablement à la tenue du scrutin.

Mais il faut également dire que ces propos interviennent après les menaces à peine voilées du député Hani Qobeissi mettant en garde contre l’affaiblissement de Nabih Berry après une sorte de pugilat avec le Courant Patriotique Libre au sujet de la personne du Président de la Chambre. Cette césure entre partis politiques en général et CPL se confirme avec Alain Aoun qui estime trop tôt – à juste titre – de parler de réélection aujourd’hui à la tête de la chambre.

Tout semble donc être fait pour que la blague suivante se concrétise malheureusement:
Elections législatives au Liban: processus électoral démocratique afin de renouveler le mandat de Nabih Berry à la tête du Parlement.

Messieurs, Mesdames nos politiciens.  Si une chose sied à la démocratie, c’est le suspense et l’incertitude.
Une élection démocratique dans un régime parlementaire est sensée renouveler la classe politique en cas d’échec de la politique menée – donc à une alternance politique -ou de confirmer son pouvoir.

Mais après tout, au Liban la citation d’Albert Camus se révèle être d’une cruelle vérité, la démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité. Une minorité qui nous a conduit à un Liban état en faillite non seulement financière mais aussi morale avec les différentes 50 nuances de crises qu’on a connues depuis les 10 dernières années même avec les ordures, un état en faillite de gouvernance où la corruption se fait généralité même selon les organisations internationales comme le FMI ou la Banque Mondiale et aujourd’hui un état dont la Démocratie est également en faillite face à ces propos.
Nous ne pouvons pas parler de réussite pour les personnes qui nous gouvernent face à ce constat et ce bilan bien accablant. Bien au contraire… Et comme République Parlementaire, le Président de la Chambre en porte la première responsabilité.

Garantir la réélection d’une personne quelle qu’elle soit est un déni grave de démocratie, d’autant plus important que le Liban est un des rares pays arabes ou des élections plus ou moins libres peuvent se dérouler et devraient être d’une exemplarité remarquable. Mais les autres pays tout en étant moins démocratiques présentent une alternative avec la candidature d’un homme de paille.

Messieurs, on sait bien que le Liban n’est en réalité pas un pays démocratique, mais au moins, gardez-en l’apparence. On s’en consolera peut-être tout comme on pourrait se consoler du seul moment où Nabih Berry ne sera pas Président de la Chambre, puisqu’avant l’élection de ce dernier, seul le doyen en âge des nouveaux députés élus est en droit de présider la session d’ouverture…

À moins que du haut de ces 80 ans dont 25 ans et 5 mois à ce perchoir, il ne soit déjà devenu ce doyen de nos hommes politiques.

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1 COMMENTAIRE

  1. vaste comédie cette élection Libanaise, une vraie fausse démocratie on manipule un peuple apathique et on reconduit les mêmes comédiens dans une pièce de théâtre de bas niveau

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