Né le 6 janvier 1883 à Bcharré au Nord Liban, Gébran Khalil Gébran s’imposera rapidement comme l’un des auteurs et des écrivains libanais les plus connus notamment avec son recueil « Le Prophète » publié en 1923. Il se fera connaitre aux USA pour son côté rebelle tout en conservant avec le Liban un lien particulier.

La vie n’a pas été de tout repos. Vivant pauvre, Gébran Khalil Gébran ne recevra pas le droit à l’éducation sauf celle de prêtres lui apprenant l’Arabe et le Syriaque. Sa Mère Kamila Rahmé, alors âgée de 30 ans à sa naissance, était déjà à son 3ème mari, un apothicaire Ce dernier sera incarcéré en 1891 sur des fonds d’allégations de détournements des taxes qu’il était sensé récolter. Leurs biens seront confisqués par les autorités Ottomanes d’alors. Elle s’en ira sans son époux aux USA en 1895, avec Gébran, ses 2 jeunes soeurs et ses 2 frères.

C’est à Boston forte d’une importante communauté moyen-orientale que Gébran Khalil Gébran intègrera finalement le système scolaire. Il sera d’abord placé dans une classe spécialement mise en place pour les émigrants. Il intègrera également une école d’Art qui le feront rencontrer de nombreux artistes de renommé locale. Gébran verra même certains de ses dessins illustrer la couverture de livres en 1898.

Une des rares photographies de Gébran Khalil Gébran
Une des rares photographies de Gébran Khalil Gébran. Crédit Photo: Domaine Public.

Face à la perte de l’identité levantine et de fréquentations suspectes aux yeux de sa famille, sa mère et son frère ainé Boutros, décideront de le renvoyer, alors âgé de 15 ans, au Mont Liban – puisque le Liban n’existait pas encore alors – pour y intégrer l’école préparatoire à l’Institut d’Enseignement Supérieur (ou Ecole de la Sagesse) de Beyrouth. Cette dernière était alors gérée par des religieux maronites. Il se distinguera avec la création d’un magazine littéraire avec la coopération d’un de ses camarades et par son élection comme poète du collège avant de retourner à Boston en 1902. C’est à Beyrouth, dit-on que Gébran Khalil Gébran décidera de rédiger le Prophète d’abord en arabe. Il oeuvrera sur son livre majeur jusqu’en 1923.

C’est à Boston que Gébran connaitra la peine de perdre sa famille, avec le décès de sa soeur Sultana, tout juste âgée de 14 ans, de Tuberculose 2 semaines avant son retour.  Son frère ainé Boutros décèdera l’année suivante et sa mère le suivra dans la tombe la même année.

Toujours à Boston, Gébran organisera sa première exposition de dessin dès 1904. Il y rencontrera Elizabeth Mary Haskell, avec qui, pour certaines personnes, en raison d’une correspondance très intime mais toutefois platonique, il entretiendra une relation durable. Sur ses conseils, il se rendra à Paris en 1908 en compagnie du peintre Youssef Hoayek ou il y intégrera l’académie des beaux arts et l’académie Colarossi, spécialisée dans l’étude des nus masculins. Il publiera entre-temps son premier livre en langue arabe, La Musique, en 1905.

A son retour, il s’installera à New York en 1910.

Face à la catastrophe de la Première Guerre Mondiale, sensibilité par la mort par la famine et les maladies d »un tiers de la Montagne du Mont Liban suite au blocus alimentaire imposé par les Ottomans, Gébran Khalil Gébran intègrera un comité d’aide américains aux civils. Fervent défenseur de la cause libanaise, il encouragera les immigrants à défendre leurs pays en devenir, le Liban contre l’Empire turc.

Passant à l’écriture en langue anglaise en 1918 avec Le Fou, un recueil de contes, Gébran Khalil Gébran sera rapidement publié par la maison d’édition Alfred Knopf. Il intégrera également La Ligue de la Plume, une association d’auteurs immigrants d’origine libanaise et résidents aux USA.

Le Prophète, l’œuvre majeure de Gébran Khalil Gébran

La couverture du Prophète de Gébran Khalil Gébran
La couverture du Prophète de Gébran Khalil Gébran

En 1923, la publication de son chef d’oeuvre Le Prophète, confirmera sa renommée avec la confluence de nombreuses influences de diverses religions tout en faisant face à sa publication à de vives critiques très vites éteintes. Composé de 26 textes poétiques et rédigée en anglais, le recueil est fait d’aphorisme et de paraboles délivrées par un prophète forcé à s’exiler et répondant à un peuple aux grandes questions de la vie dont le mariage, les enfants, la connaissance ou encore la place de la religion au sein de la société.

Ce recueil deviendra notamment populaire dans les années 1960 lors de la naissance de la contre-culture et des mouvements New Age et figure parmi l’un des livres les plus vendus aux USA au cours du XXème siècle.

Un retour à ses sources à sa mort

Gébran Khalil Gébran connaitra par la suite des problèmes de santé et d’alcoolémie dès 1928. Il décèdera le 10 avril 1931 à New York d’un cancers du foie et d’une tuberculose. Sa dépouille sera rapatriée au Liban en 1932 et enterrée au Couvent de Mar Sarkis. Ce couvent avait été acheté à cette occasion par Mary Haskell et sa soeur Marianna. Il se trouve non loin de Bcharré, son village natal. Les lieux ont depuis été transformés en Musée pour y héberger les oeuvres et sa mémoire est entretenue par l’association Gébran Khalil Gébran.

Plusieurs de ses oeuvres seront publiées après sa mort. Quant au Prophète, il fera l’objet d’un film d’animation en 2014, produit par Salma Hayek, une autre fille de la diaspora libanaise.

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