Incendie d'une poubelle dans la banlieue de Beyrouth. Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés.
Incendie d'une poubelle dans la banlieue de Beyrouth. Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Les ordures ont refait leur apparition dans les rues de Beyrouth, avec la grève des éboueurs qui protestent contre la décision de la société de Ramassage des Ordures Ramco de réduire leurs salaires de moitié en raison de la crise économique.

Ainsi, sur les réseaux sociaux, circulent des images des ordures parfois sur plusieurs dizaines de mètres dans les rues de la capitale.

Aussi la décharge de Jdeideh, parvenue à sa capacité maximale, a fermé ses portes depuis ce jeudi, entrainant un problème logistique. Cette décharge pourrait rouvrir de manière temporaire pour les 3 mois à venir.

Une crise chronique des ordures depuis la fermeture de la décharge de Naameh en 2015

Pour rappel, les ordures avaient commencé à s’accumuler dans les rues de Beyrouth et du Mont-Liban à partir du 17 juillet 2015 suite à l’annulation du contrat avec la compagnie de ramassage Sukleen et de l’expiration du mandat d’exploitation de la décharge de Naameh.

Face à l’impossibilité de trouver une solution pérenne à l’époque, les autorités d’alors avaient décidé de la réouverture de la décharge de Bourj Hammoud au nord de Beyrouth et de l’ouverture de la décharge de Costa Brava au sud de la capitale en dépit de la signature en 1994 du traité de Barcelone qui interdit de jeter des ordures en mer.

Cette crise avait amené à la mobilisation d’une frange de la population, avec de nombreuses manifestations qui se sont ainsi déroulées durant l’été 2015 au centre-ville de Beyrouth. Les Forces de Sécurité ont été déjà critiquées pour un usage inapproprié de la violence, alors que certaines sources indiquaient que des éléments proches de partis politiques s’étaient infiltrés parmi les manifestants pour provoquer des incidents.

Les décharges sauvages, responsables d’une forte augmentation des cancers

Depuis, la pollution engendrée par l’incident volontaire des décharges sauvages serait à l’origine d’une forte augmentation des cancers au sein de la population Une étude de l’Unité de recherche concernant la qualité de l’air au Liban en 2015, avait ainsi noté une augmentation sans précédent de différentes substances cancérogènes dans l’air ambiant, résultants de l’incendie volontaire des déchets.

De nombreux cancers seraient ainsi désormais liés à la pollution.

Dans une autre étude intitulée « C’est la mort que nous respirons’ : Risques liés à l’incinération des déchets au Liban« , des risques concernant la santé de la population avaient également été relevés.

Des ordures à la mer plutôt que de les voir dans les rues

Largement dépassées par la tournure des évènements, les autorités libanaises, face aux manifestants qui demandaient alors le retrait de la classe politique actuelle accusée de corruption dans différents dossiers, ne se sont contentées que d’annoncer des plans provisoires dont la mise en place de décharges au lieu-dit de Costa Brava au Sud de la Capitale et à Bourj Hammoud et Jdeideh au Nord de la Capitale, toutes sur des espaces gagnés sur la mer en contradiction avec le traité de Barcelone dont le Liban est portant signataire.

En avril 2019, le ministre de l’environnement, Fadi Jreissati, avait indiqué que la décharge de Bourj Hammoud, devrait être encore étendue en raison de l’absence de solution à long terme, jusqu’à présent dans la gestion des déchets et des ordures.

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