Un navire de la composante maritime de la FINUL, le jour de l'explosion du 4 août 2020.
Un navire de la composante maritime de la FINUL, le jour de l'explosion du 4 août 2020.
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Les négociations entre le Liban et Israël pour la délimitation des zones économiques maritimes exclusives se sont ouvertes à 10h30 à Nakoura en présence du médiateur américain David Schenker arrivé hier soir à Beyrouth et du représentant de l’ONU au Liban Jan Kubis.

Hier soir, l’Armée Libanaise et la FINUL ont ainsi renforcé les mesures de sécurité aux alentours de Nakoura.

Pour rappel, la délégation libanaise a été composée par la présidence de la république. Elle comprend 4 personnes, dont le général de l’Armée de l’Air, Bassam Yassine qui la préside, le colonel Mazen Basbous de la marine libanaise, le membre du conseil d’administration de l’autorité pétrolière libanaise Wissam Chbat et de l’expert en droit maritime Najib Massihi.

La composition de cette délégation a cependant fait l’objet de critiques de la part d’une part du premier ministre sortant Hassan Diab et des mouvement Amal et Hezbollah, qui estiment qu’elle doit comprendre des militaires et non des civils et qui demandent de former une nouvelle délégation.

Quant à la Présidence de la République, elle rappelle que la négociation d’un traité international ou encore d’un accord de paix revient à ses prérogatives, le chef de l’état étant par ailleurs Commandant des Forces Armées. Les négociations devraient être exclusivement techniques, indiquent des sources proches de la présidence.

Contrairement aux négociations précédentes entre les 2 pays qui s’étaient tenues pour tenter de régler la démarcation de la ligne bleue suite au retrait israélien de 2000, les 2 délégations seront réunies face-à-face dans une salle commune. Il s’agirait du hall du contingent italien.

Si le dossier terrestre ne devrait pas être abordé lors du processus actuel, le déblocage du dossier de la zone économique exclusive pourrait permettre aux 2 pays de pouvoir exploiter les ressources pétrolières ou gazières supposées être présentes.

Les autorités israéliennes estiment également que l’aboutissement de ces négociations pourraient stabiliser la région au bénéfice des citoyens libanais et israéliens.

Impacté par une grave crise économique, le Liban notamment attend que ces négociations puissent débloquer la possibilité d’explorer la zone, chose acceptée y compris par le Hezbollah aujourd’hui. Cependant, Beyrouth indique que négocier ne signifie pas reconnaitre.

Eclairage

Image Revendication Israël Liban Carte

Pour rappel, à l’origine de ce problème, les négociations entre le Liban et Chypre en 2011. Le point de départ de la zone a été fixée arbitrairement par les 2 pays au point 1 des frontières.
Par conséquent, l’Etat Hébreu a décidé de poursuivre la délimitation de ses frontières maritimes au point 25 selon ses mesures qui correspond au point 1 pour le Liban.
Cependant le Liban estimait dès le départ que le point de départ de sa zone d’exclusivité économique se situait au point 0, selon Beyrouth ou 23, selon l’état hébreu et situé à 17 km au sud du point 1 , fixé lors des négociations entre Tel Aviv et Nicosie.
Ainsi est délimité un triangle allant du point B1 situé à Ras al Naqoura au point 0 puis au point 1.
Cette zone est revendiquée par les 2 états, le Liban et Israël. Elle couvre ainsi plus de 800 kilomètres carrés. Une partie des blocs 8, 9 et 10 se trouvent ainsi au centre de la polémique.
La situation s’est aggravée par la découverte d’un potentiel important de gisements gaziers et pétrolier dans cette zone.
Le Liban indique disposer de cartes prouvant que la zone lui appartiendrait.

Par ailleurs, la ligne Hoff du nom du médiateur américain qui s’était déjà saisi du dossier en 2011 et que Beyrouth avait déjà rejeté, accorde 560 kilomètres carrés au Liban et le solde à Tel Aviv.

En 2019, alors que des négociations semblaient pouvoir être relancées entre le Liban et Israël, elles se sont brusquement interrompues pour des raisons jusqu’à présent inconnues. La tension entre les 2 pays est également montée d’un cran avec la découverte de tunnels traversant la ligne bleue, ligne de démarcation entre les 2 pays.

Le 14 octobre, des négociations entre le Liban et Israël s’ouvrent au QG de la FINUL à Naqoura et en présence du médiateur américain, le sous-secrétaire d’état des Etats-Unis, David Schenker, et sous les auspices du coordinateur spécial de l’ONU au Liban Jan Kubis.

Tel Aviv, faisant part de l’existence de 2 îlots dans son territoire – des îlots inhabités – situés non loin des côtes israéliennes aurait également aurait également étendu ses revendications sur les blocs libanais.

Au cours du 3ème round de négociation qui s’est déroulé le 28 octobre, le Liban aurait ainsi durci sa position et informe la délégation israélienne au sujet de ses nouvelles revendications, élargissant la zone maritime exclusive à 1 430 kilomètres carrés supplémentaires au détriment d’Israël, en prolongeant d’une ligne droit la frontière terrestre. Cette zone comprendrait plusieurs champs gaziers déjà découverts et attribués par Israël à une compagnie d’exploitation grecque. Ces demandes libanaises devraient ainsi geler l’exploitation de ces champs jusqu’à conclusion d’un accord.
Il s’agit pour le Liban de n’effectuer aucune concession sur ses zones maritimes alors qu’Israël en revendiquait préalablement une partie, notent certaines sources, qui s’attendent à ce qu’un accord puisse être conclu avant la fin de l’année, accordant toute la zone originale au Liban.

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