Qui est Hassan Diab, le nouveau premier ministre libanais?

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A l’issue de sa rencontre avec le président de la République, le Général Michel Aoun, Hassan Diab a accepté sa nomination comme prochain Premier Ministre à l’issue des consultations parlementaires obligatoires qui se sont tenues ce jeudi.

Hassan Diab a obtenu 69 voix en sa faveur, et notamment celles du Hezbollah, du mouvement Amal, du Courant Patriotique Libre et de leurs alliés. Le scrutin a été marqué par l’abstention de la majorité des députés sunnites, c’est à dire, des blocs d Courant du Futur, du bloc de Najib Mikati ou encore des indépendants comme l’ancien premier ministre Tamam Salam. Il a reçu uniquement 6 votes sunnites sur 27.

La formation du premier gouvernement de Hassan Diab ne sera cependant pas sans difficultés: On se souvient en effet des 5 mois nécessaires à l’avènement du gouvernement de Tamam Salam en 2014 ou encore des 9 mois mis pour la formation du cabinet sortant par son prédécesseur Saad Hariri entre 2018 et 2019.

À priori, la nouvelle équipe gouvernementale devrait être plus politique que technocrate, ce qui risque de ne pas satisfaire les manifestants qui entament aujourd’hui leur 64ème jour de mouvement contre la classe politique qu’ils accusent de corruption, et d’avoir mené le Liban à la quasi-faillite financière.

La nomination de Hassan Diab par la coalition CPL/Hezbollah/Amal pourrait également amener à certaines difficultés, certains pays comme les Etats-Unis ayant menacé de mettre en place de nouvelles sanctions économiques si le mouvement chiite Hezbollah était dans la possibilité de s’octroyer des postes ministériels clés.

Aussi, il sera en charge de gérer la crise économique qui ravage actuellement le Liban, avec 154% d’endettement public par rapport au PIB, la dette libanaise atteignant 88 milliards de dollars, un déficit budgétaire de 11.9% en 2019 selon les derniers chiffes du ministère des finances, une diminution de 40% des revenus de l’état au cours des derniers mois, ce qui n’ira probablement pas en s’arrangeant en raison du risque de récession économique, un taux de chômage estimé entre 30% et 40% de la population active, la menace de voir la livre libanaise être dévaluée et la dette restructurée, des banques libanaises affaiblies et qui ont instauré un contrôle des capitaux non officiels, tout comme une parité entre livre libanaise et dollar parallèle qui s’est instaurée en raison de la pénurie de billets verts nécessaires à l’achat des principales matières premières, le Liban étant un pays importateur net.

Qui est Hassan Diab ?

Hassan Diab a été ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur de juin 2011 à février 2014 au sein du gouvernement de Najib Mikati dont il est considéré comme étant un proche. Ingénieur agréé au Engineering Council, Royaume-Uni, agréé au National Professional Engineers Register, Australie, Hassan Diab est également professeur de génie informatique à la Faculté de génie et d’architecture de Maroun Semaan de l’American University of Beirut (AUB).

Sa spécialisation en informatique inclut la cryptographie sur des systèmes informatiques hautes performances, l’informatique reconfigurable, les systèmes embarqués, la modélisation et la simulation de systèmes de traitement parallèle, ainsi que la simulation de systèmes utilisant le contrôle de logique floue, et plus récemment, l’enseignement supérieur dans la région MENA. Il a été doyen fondateur du Collège d’ingénierie et président fondateur en 2004-2006 de l’Université Dhofar. En octobre 2006, il a été nommé vice-président des programmes extérieurs régionaux (REP) à l’AUB.

Il a été également doyen fondateur du Collège d’ingénierie et président fondateur en 2004-2006 de l’Université Dhofar. En octobre 2006, il a été nommé vice-président des programmes extérieurs régionaux (REP) à l’AUB.

Il est le père de 4 enfants.

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1 COMMENTAIRE

  1. Quelle drôle de réforme en accord avec les revendications des manifestants ! Il y aurait un gouvernement boiteux et bancal , car il ne représente que ceux qui ont voté pour le nouveau PM , ignorant complètement les voeux et les droits de chaque citoyen .
    Je crois que les politiciens n’ont rien compris à la demande du peuple qui souhaite sortir la tête hors de l’eau en faisant élire des personnalités issues du public non confessionnel et non politique représentant tout le peuple sans exception .
    Pauvre Liban .

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