S’adressant à une délégations officielle européenne en charge d’observer les élections législatives de ce dimanche 6 mai, le Président de la République, le Général Michel Aoun a indiqué que le Liban cherchera à résoudre la question des réfugiés syriens présents sur son territoire indépendamment des positions de l’ONU ou de l’Union Européenne.

Estimant que la question des réfugiés est une question existentielle  concernant la sécurité, la stabilité, l’indépendance et la souveraineté du Liban, le chef de l’état réagissait au contenu du communiqué final de la réunion internationale qui s’est tenue à Bruxelles et qui s’intitulait « Soutenir la Syrie et la Région ». Ce dernier appelait les pays hôtes à accorder aux réfugiés syriens, un permis de séjour et un permis de travail y compris en cas de retour temporaire en Syrie. 86 pays et organisations internationales s’étaient alors réunies pour discuter des aides disponibles aux réfugiés syriens.

Le Liban craint en effet, qu’à l’image des camps palestiniens, la présence des réfugiés syriens déstabilise son équilibre politique.  Ces propos interviennent, par conséquent, dans un contexte de crainte de voir les réfugiés syriens être implantés au Liban. L’Union Européenne tente de désamorcer la crise, indiquant que le Liban n’est pas concerné par cette déclaration. Les autorités libanaises avait déjà demandé le retrait de la déclaration finale de la conférence d’aide à la Syrie qui s’était déroulée en début de ce mois à Bruxelles.

Le Chef de l’État avait déjà estimé dans ses déclarations précédentes que la seule solution à la crise était un retour dans la dignité des réfugiés syriens dans les zones pacifiées en Syrie. Il a rappelé que le Liban aborde la crise syrienne sur une base de relations fraternelles avec la population syrienne et par obligation humanitaire alors que des organisations humanitaires accusent le Pays des Cèdres de vouloir les expulser.

Ce mercredi, le Président de la République avait déjà demandé l’aide des Emirats Arabes Unis, de l’Arabie Saoudite et de l’Égypte pour aider le Liban à obtenir le retour des réfugiés syriens dans leurs pays.

Ces propos interviennent alors que le Premier Ministre Saad Hariri, présent lors de la Conférence Bruxelles II intitulée « Soutien à l’avenir de la Syrie et de la Région », avait déclaré que le Liban s’était transformé en un immense camp de réfugiés syriens et fait l’état de l’épuisement de sa population – face à la concurrence d’une main d’oeuvre bon marché et un taux de chômage atteignant 46% – et de ses infrastructures, les réfugiés syriens privant par exemple le Liban de 5 heures d’électricité quotidiennes.
Saad Hariri a alors estimé que « les capacités des communautés hôtes et des infrastructures et services gouvernementaux sont dépassées et épuisées » par cette crise.

Pour rappel, le Liban héberge actuellement plus 1.8 millions de réfugiés syriens selon les autorités locales alors que le Haut Commissariat aux Réfugiés indique que moins d’un million de réfugiés sont enregistrés auprès de cette organisation. La présence de cette importante communauté de réfugiés qui représente presque la moitié de la population locale fait craindre un risque d’implantation au Liban, comme l’illustrent les dernières polémiques concernant l’article 49 du budget 2018 – qui a été depuis suspendu par le Conseil Constitutionnel – ou celles concernant le communiqué final de la conférence de Bruxelles II, appelant à accorder aux réfugiés syriens un permis de séjour et un permis de travail dans les pays hôtes.

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