L’armée désormais directement visée dans le bras de fer sur le Sud
Le débat sur le désarmement du Hezbollah est en train de déplacer une partie de la pression vers une autre institution : l’armée libanaise. Les déclarations israéliennes se sont durcies à son égard alors que Beyrouth cherche, au contraire, à en faire la pièce centrale du dispositif de sécurité au Liban-Sud. Cette confrontation intervient à un moment particulièrement sensible. Paris réunit les partenaires du Liban pour préparer un soutien durable à l’institution militaire. Washington poursuit sa médiation entre le Liban et Israël. Sur le terrain, les zones dites expérimentales doivent permettre de tester un déploiement accru de l’armée. Pourtant, les appréciations sur son action divergent de plus en plus.
Al Akhbar du 17 septembre 2026 rapporte que le chef d’état-major israélien Eyal Zamir estime que l’armée libanaise ne paraît ni disposée ni capable de désarmer le Hezbollah. Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Beyrouth et Israël restent bloquées sur l’ordre des mesures à prendre. Le Liban réclame un arrêt des opérations israéliennes et un retrait avant de franchir de nouvelles étapes. Israël lie ses propres mouvements à des progrès sur le dossier des armes et sur l’autorité effective de l’État.
Ad Diyar du 17 septembre 2026 décrit une campagne plus large. Selon des sources citées par le quotidien, des rapports de renseignement israéliens transmis à Washington reprocheraient à l’armée libanaise un comportement jugé insuffisamment coopératif. Le journal va plus loin en évoquant une reprise de pressions dans la capitale américaine contre le commandement de l’armée.
Cette dernière information est la plus sensible. Elle dessine l’existence possible d’une bataille dépassant largement les déclarations publiques israéliennes. Le véritable enjeu serait alors de savoir si les critiques contre l’armée commencent à trouver des relais au sein de l’appareil américain et si elles peuvent influer sur l’aide militaire promise au Liban.
Paris prépare le soutien pendant qu’Israël conteste les résultats
Le calendrier place l’armée dans une situation paradoxale. Au moment même où Israël critique son action, la France organise une réunion internationale destinée à définir ses besoins.
Nahar du 17 septembre 2026 publie un entretien avec le chef d’état-major des armées françaises Fabien Mandon. Celui-ci présente l’armée libanaise comme une institution essentielle à la stabilité du pays. Il dit éprouver un profond respect pour ses militaires et souligne leur rôle dans l’unité nationale. La réunion de Paris doit permettre de déterminer les moyens nécessaires à l’exercice de missions plus importantes, notamment dans la perspective de la fin de la Finul.
Mais le soutien international ne se résume plus à une question de matériel. Fabien Mandon place lui-même la souveraineté de l’État et l’exclusivité de l’usage de la force au centre du débat. La France considère donc que le renforcement de l’armée doit accompagner le processus de concentration des armes entre les mains de l’État.
La différence avec les critiques israéliennes réside surtout dans la méthode et le calendrier.
Paris défend une démarche progressive. Selon les propos de Fabien Mandon publiés par Nahar le 17 septembre 2026, la question de la souveraineté et de l’usage de la force exige un processus complexe fondé sur la construction de la confiance. Le responsable français met en garde contre une multiplication des conditions qui rendrait tout progrès impossible.
Cette formulation tranche avec la pression israélienne. Israël demande des résultats sur le Hezbollah pour justifier de nouvelles mesures sur le terrain. La France considère qu’il faut parallèlement renforcer l’institution chargée de produire ces résultats.
L’armée se retrouve ainsi entre deux raisonnements. Le premier consiste à lui donner les moyens avant d’exiger davantage. Le second estime que son comportement doit d’abord démontrer sa volonté d’agir avant que l’aide et les concessions puissent suivre.
Zawtar, premier terrain de confrontation
Les divergences apparaissent déjà dans les zones expérimentales.
Ad Diyar du 17 septembre 2026 rapporte que le cas de Zawtar al-Gharbiyah a provoqué des objections israéliennes après le déploiement de l’armée et le retour des habitants. Selon les informations du quotidien, Israël aurait estimé que le Hezbollah revenait indirectement dans la localité. Les critiques auraient notamment concerné l’activité de l’Association islamique de santé et la présence de certains habitants considérés comme proches du parti.
L’épisode révèle un problème majeur pour l’armée. Si sa mission consiste à empêcher la présence d’armes et de combattants, elle peut mener des opérations de contrôle, rechercher des dépôts et sécuriser le territoire. Si l’exigence s’étend à la disparition de toute organisation sociale liée au Hezbollah ou au retour de citoyens sympathisant avec lui, la nature de la mission change.
L’armée serait alors invitée à intervenir dans un espace politique et social beaucoup plus vaste.
Ad Diyar décrit précisément cette évolution comme l’une des raisons de la nouvelle campagne israélienne. Le journal estime que l’objectif serait de placer l’armée devant des conditions difficiles à satisfaire, puis de présenter son action comme insuffisante.
Le problème dépasse Zawtar. Si les mêmes critères sont appliqués aux prochaines zones expérimentales, chaque retour de population peut donner lieu à une nouvelle contestation. Le déploiement de l’armée ne suffirait plus à déclencher le retrait israélien. Il faudrait également obtenir une appréciation positive sur l’environnement politique et social local.
Cette question sera déterminante pour la poursuite des négociations.
Le soupçon israélien s’étend au rôle même de l’armée
Ad Diyar du 17 septembre 2026 décrit une lecture israélienne plus radicale. Selon le journal, les critiques contre l’armée ne viseraient plus seulement son efficacité. Elles remettraient progressivement en cause sa place dans le futur dispositif du Sud.
Le quotidien relie cette campagne aux débats sur une éventuelle zone de sécurité et aux informations concernant de nouveaux redéploiements israéliens. Il considère que l’objectif serait d’affaiblir la possibilité d’un contrôle libanais effectif sur les territoires concernés.
Cette lecture prend une dimension particulière avec la fin annoncée de la mission de la Finul. Si la présence internationale diminue et si l’armée libanaise est simultanément considérée comme incapable d’assurer les conditions de sécurité demandées par Israël, la question du contrôle du terrain restera ouverte.
Or Joseph Aoun défend exactement le scénario inverse. Dans ses déclarations rapportées par Ad Diyar, Al Quds et Nahar le 17 septembre 2026, le président présente l’armée comme le principal instrument du retour de l’État. Le retrait israélien doit être suivi du déploiement des militaires libanais. Le soutien étranger doit servir à renforcer cette capacité. Toute force internationale future doit aider l’armée plutôt que prendre sa place.
Le différend porte donc désormais sur le modèle de sécurité lui-même.
Pour Beyrouth, la solution passe par une armée plus forte et un retrait israélien progressif. Pour Israël, la capacité de cette armée à neutraliser la présence militaire du Hezbollah conditionne la crédibilité de ce modèle.
La question du commandement arrive dans les coulisses américaines
C’est sur ce terrain qu’apparaît l’information la plus explosive publiée par Ad Diyar.
Le quotidien du 17 septembre 2026 cite des sources diplomatiques faisant état d’une reprise de pressions à Washington visant le commandant de l’armée, présenté par ses détracteurs comme insuffisamment coopératif au regard des demandes israéliennes.
Le journal ne donne pas l’identité des responsables américains qui soutiendraient une telle démarche. Il ne fait pas état non plus d’une décision officielle de l’administration de Donald Trump contre le commandement libanais. L’information décrit donc une pression dans les coulisses, et non une politique américaine annoncée.
Son importance tient néanmoins au contexte.
Les États-Unis sont l’un des principaux partenaires de l’armée libanaise. Ils jouent aussi un rôle central dans les négociations avec Israël. Une campagne israélienne visant l’institution militaire peut donc produire des effets beaucoup plus importants si elle se déplace de Tel-Aviv vers Washington.
La question du soutien financier constitue déjà un terrain de confrontation.
Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 rapporte que Washington lie l’aide à l’armée à des avancées concrètes dans le dossier du monopole des armes. Le journal évoque notamment une enveloppe de 150 millions de dollars dont le déblocage n’aurait pas encore eu lieu. Selon les informations publiées, des responsables américains auraient considéré que le principal obstacle à l’action de l’armée n’était pas seulement le manque d’équipement, mais aussi la décision politique.
La France cherche à défendre une approche différente. Paris veut faire avancer simultanément le soutien et les mesures sur le terrain. L’idée consiste à donner à l’armée les capacités nécessaires tout en lui demandant de progresser dans l’application des décisions de l’État.
Derrière la réunion de Paris apparaît donc un débat beaucoup plus profond sur la relation entre moyens et résultats.
« Pas capable » ou « pas autorisée » : le cœur du désaccord
Les critiques contre l’armée reposent sur deux accusations qu’il convient de distinguer.
La première porte sur sa capacité. Dispose-t-elle des effectifs, du renseignement, des équipements, des moyens de surveillance et du financement nécessaires pour contrôler durablement le Sud et les frontières ?
La deuxième concerne sa volonté ou son mandat. L’armée reçoit-elle les instructions politiques lui permettant d’aller jusqu’au bout de certaines opérations, notamment lorsqu’elles peuvent provoquer une confrontation avec le Hezbollah ?
Ces deux questions produisent des réponses très différentes.
Si le problème est matériel, la solution réside dans l’aide internationale. La réunion de Paris prend alors tout son sens. Si le problème est politique, les équipements supplémentaires ne suffiront pas. Le gouvernement devra préciser les missions confiées à l’armée et les limites de leur exécution.
Joseph Aoun tente de concilier ces dimensions. Il affirme que la décision de concentrer les armes entre les mains de l’État est prise. Dans le même temps, il exclut un affrontement sanglant à l’intérieur du pays. Il veut résoudre le dossier par le dialogue.
Cette position signifie que l’armée ne recevra pas nécessairement pour mission d’imposer immédiatement par la force l’ensemble du processus. Elle devra avancer dans un cadre politique défini par les autorités.
C’est précisément cette progressivité qui semble alimenter une partie des critiques israéliennes.
Une institution prise entre souveraineté et risque de confrontation interne
Le dilemme libanais est particulièrement lourd. Une confrontation entre l’armée et le Hezbollah aurait des conséquences intérieures difficiles à prévoir. Mais l’absence de progrès dans le dossier des armes peut maintenir la pression israélienne et ralentir le retrait.
Joseph Aoun présente donc le renforcement de l’État comme une alternative à la confrontation. L’objectif est d’accroître progressivement les capacités des institutions jusqu’à ce qu’elles puissent exercer pleinement leurs responsabilités.
Cette stratégie nécessite du temps. Israël réclame au contraire des garanties rapides.
La question des zones expérimentales devient alors centrale. Elles peuvent servir à démontrer que l’armée est capable d’assumer de nouvelles responsabilités sans provoquer de conflit interne. Mais si Israël considère que la présence d’organisations sociales ou de sympathisants du Hezbollah suffit à invalider l’expérience, la démonstration devient presque impossible.
Le débat sur les critères de réussite rejoint ainsi celui sur le commandement de l’armée.
Une institution militaire peut recevoir pour mission de contrôler des armes. Elle ne peut pas résoudre seule un problème politique enraciné dans la société libanaise. Lui demander de le faire revient à transférer sur elle une responsabilité qui relève d’abord des autorités politiques.
Washington devient l’arbitre d’une bataille qui dépasse l’aide militaire
La position américaine sera déterminante.
Les États-Unis disposent de plusieurs leviers. Ils peuvent maintenir ou modifier leur soutien à l’armée. Ils peuvent exercer une pression sur Israël dans les négociations. Ils peuvent également influer sur le rythme des zones expérimentales et sur la définition des conditions nécessaires à un retrait.
Ad Diyar du 17 septembre 2026 présente l’ambassadeur Michel Issa comme particulièrement actif dans ce dossier. Sa visite à Zawtar al-Gharbiyah illustre cette implication. Il observe directement le terrain alors que Washington reçoit parallèlement les appréciations israéliennes sur l’action de l’armée.
L’administration américaine se trouve donc face à deux récits.
Le premier présente l’armée comme l’institution indispensable à toute stabilisation durable du Liban. C’est la position défendue publiquement par Joseph Aoun et fortement soutenue par Paris.
Le second insiste sur son incapacité supposée à empêcher le retour du Hezbollah et sur la nécessité de conditionner l’aide à des résultats plus importants.
Le sort du soutien américain dépendra en partie de l’arbitrage entre ces deux lectures.
La bataille sur l’armée annonce celle du Liban-Sud de demain
L’enjeu dépasse finalement la personne du commandant de l’armée ou le montant d’une enveloppe militaire.
Si l’institution libanaise est considérée comme un partenaire crédible, elle pourra devenir le pilier de l’architecture sécuritaire appelée à succéder progressivement à la situation actuelle. Le retrait israélien, l’après-Finul et le retour des habitants pourront alors s’organiser autour de son déploiement.
Si sa crédibilité est durablement contestée à Washington, le scénario change. Israël pourra invoquer ses insuffisances pour retarder certains retraits ou réclamer d’autres mécanismes de sécurité. Les conditions attachées à l’aide étrangère pourraient également devenir plus strictes.
La campagne actuelle constitue donc une bataille sur la définition du futur rôle de l’armée.
Paris veut la renforcer pour lui permettre d’assumer davantage. Joseph Aoun en fait la garantie du retour de l’État. Israël lui demande des résultats beaucoup plus rapides sur le Hezbollah. Et, selon les informations publiées par Ad Diyar le 17 septembre 2026, cette contestation aurait désormais atteint les coulisses de Washington jusqu’à viser son commandement.
La prochaine étape permettra de mesurer l’ampleur réelle de cette offensive. Le niveau du soutien décidé après Paris, l’attitude américaine à l’égard de l’aide militaire et le traitement des prochaines zones expérimentales montreront si les critiques israéliennes restent un instrument de pression dans la négociation ou si elles commencent à modifier concrètement la politique de Washington envers l’armée libanaise.



