Une bataille diplomatique se joue déjà derrière l’échéance de décembre
L’avenir du Liban-Sud ne se négocie plus seulement autour du retrait israélien, du déploiement de l’armée libanaise et des armes du Hezbollah. Un quatrième dossier s’est imposé dans les discussions : celui du dispositif international appelé à accompagner l’armée après la fin de la mission de la Finul, prévue en décembre 2026. Les informations publiées par plusieurs journaux le 17 septembre 2026 montrent que les consultations sont déjà engagées. Elles se déroulent à plusieurs niveaux. Paris et Rome travaillent sur leurs propres pistes. L’Union européenne prépare une mission civile et militaire. Beyrouth cherche à éviter un vide. Washington défend une architecture différente. Dans le même temps, selon Al Akhbar du 17 septembre 2026, des représentants européens ont engagé des échanges discrets avec le Hezbollah afin de connaître ses lignes rouges.
La position publique de Joseph Aoun donne un premier cadre à ces discussions. Ad Diyar du 17 septembre 2026 rapporte que le président de la République refuse qu’un vide succède à la Finul. Il se dit ouvert à une autre force, quelle que soit son appellation, mais pose une condition : son existence doit reposer sur un cadre juridique. Pour Joseph Aoun, le principe essentiel de ce cadre doit rester la souveraineté de l’État. La mission d’une présence internationale serait d’aider l’armée et de renforcer l’État, et non de se substituer à lui.
Cette formulation est importante. Elle montre que la présidence libanaise ne ferme pas la porte à une architecture radicalement différente de celle qui existe actuellement. La question n’est donc plus uniquement de sauver la Finul. Beyrouth envisage déjà le scénario de son remplacement.
Pour autant, le Liban continue de défendre officiellement la présence des Nations unies. Al Bina’ du 17 septembre 2026 rapporte ainsi qu’un groupe de 86 députés ayant signé une pétition en faveur du maintien de la Finul doit transmettre cette position aux ambassadeurs des États membres du Conseil de sécurité. Deux démarches avancent donc simultanément. La première cherche à préserver ce qui existe. La seconde prépare le cas où cette tentative échouerait.
Cette double approche traduit l’urgence. Décembre n’est plus une échéance lointaine. Pour créer une nouvelle mission, il faut déterminer son mandat, sa composition, son financement, sa chaîne de commandement et ses relations avec l’armée. Il faut également obtenir l’accord politique nécessaire à son déploiement. Or, sur presque chacun de ces points, les acteurs concernés ne défendent pas encore la même solution.
Les Européens auraient discrètement sondé le Hezbollah
L’information la plus sensible est publiée par Al Akhbar du 17 septembre 2026. Selon le journal, les institutions de l’Union européenne et certains États actuellement engagés au sein de la Finul ont ouvert, ces derniers mois, des discussions loin des projecteurs avec plusieurs parties libanaises. Ces contacts portent sur la période qui suivra la fin de la mission internationale.
Al Akhbar affirme qu’un dialogue a notamment eu lieu avec le Hezbollah. Cette information n’est pas présentée comme provenant d’une annonce officielle européenne ou d’un communiqué du parti. Elle repose sur les sources du journal. Elle doit donc être considérée comme une information attribuée à Al Akhbar et non comme un fait indépendamment confirmé.
Selon ces mêmes informations, les interlocuteurs européens auraient reçu trois messages précis du Hezbollah. Le premier serait le refus de toute force militaire ou sécuritaire au Liban-Sud qui ne dépendrait pas des Nations unies et ne travaillerait pas dans le cadre de la résolution 1701. Le deuxième concernerait la référence politique des futures dispositions sécuritaires. Le parti considérerait l’accord du 27 novembre 2024 comme le cadre de référence pour discuter de l’avenir du Sud et de la présence internationale. Enfin, il refuserait que l’accord-cadre négocié ultérieurement devienne la référence juridique d’une nouvelle force.
Si ces informations sont exactes, elles donnent une autre dimension aux consultations européennes. Les Européens ne chercheraient pas seulement à déterminer ce que le gouvernement libanais accepterait. Ils tenteraient également d’identifier les conditions permettant à une future présence internationale de fonctionner sur le terrain sans se heurter à une opposition directe du Hezbollah.
Cette démarche ne signifierait pas que les Européens acceptent les conditions du parti. Elle montrerait plutôt qu’ils cherchent à mesurer les obstacles avant d’arrêter une formule.
Al Akhbar ajoute un autre élément. Le dossier aurait également donné lieu à des consultations entre certains États européens, la Russie et la Chine, en particulier dans la perspective d’une éventuelle démarche au Conseil de sécurité. Là encore, aucune autre publication du corpus ne permet d’établir indépendamment la réalité ou la teneur de ces échanges. Mais cette information éclaire l’une des difficultés majeures du dossier : remplacer la Finul par une autre présence des Nations unies nécessiterait de reconstruire un consensus international.
Une mission européenne de trois ans prend forme
Un deuxième dossier est beaucoup plus concret. Al Akhbar du 17 septembre 2026 révèle l’existence d’une proposition visant à créer au Liban une mission européenne civile et militaire d’une durée de trois ans. Le gouvernement doit examiner une présentation du ministère des Affaires étrangères concernant ce projet.
Selon les informations publiées par le journal, la proposition trouve son origine dans une note de la délégation de l’Union européenne adressée le 5 août 2026 au Premier ministre Nawaf Salam. Elle reprend une initiative de la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Le dispositif s’inscrirait dans la politique commune de sécurité et de défense de l’Union européenne.
L’objectif affiché serait de contribuer à l’application complète de la résolution 1701 et d’aider le gouvernement à renforcer les institutions de l’État et son autorité. Le projet vise notamment à soutenir l’armée libanaise et les Forces de sécurité intérieure.
Al Akhbar rapporte que des équipes européennes composées de militaires et de civils se sont rendues au Liban en mai et en août 2026. Elles auraient évalué les besoins des institutions sécuritaires. Le principe consiste notamment à renforcer les Forces de sécurité intérieure pour qu’elles puissent assumer davantage de missions sur le territoire. L’armée disposerait alors de capacités supplémentaires pour se concentrer sur les frontières.
Le contenu envisagé dépasse la simple formation générale. Le projet cité par Al Akhbar mentionne le développement des capacités de surveillance et de renseignement. Il concerne aussi la sécurité maritime, les frontières et les ports. Ces domaines montrent qu’une éventuelle mission européenne ne serait pas uniquement destinée au Liban-Sud. Elle participerait à une réorganisation plus large des fonctions sécuritaires de l’État.
Il reste cependant impossible, à partir des documents publiés, de parler d’une force européenne déjà constituée. Le nombre de conseillers n’est pas arrêté. Sa structure ne l’est pas davantage. Son budget reste à déterminer. Surtout, Al Akhbar précise que cette mission n’est pas officiellement présentée comme le remplacement de la Finul.
Cette nuance est essentielle. Une mission européenne pourrait exister parallèlement à un autre dispositif international. Elle pourrait aussi constituer l’une des briques d’une architecture plus vaste après décembre. Les discussions sont suffisamment avancées pour qu’un projet soit soumis aux autorités libanaises, mais elles ne permettent pas encore de connaître sa forme finale.
Paris et Rome cherchent leur place dans le Sud de demain
La France et l’Italie occupent une position particulière. Toutes deux disposent d’une longue expérience au Liban-Sud. Elles ont aussi intérêt à éviter que le départ de la Finul ne se traduise par la disparition de toute présence européenne.
Dans un entretien publié par Nahar le 17 septembre 2026, le chef d’état-major des armées françaises, Fabien Mandon, confirme travailler avec son homologue italien sur des pistes pour l’après-Finul. Il refuse cependant d’en détailler les résultats. Il souligne qu’une solution ne peut pas dépendre seulement de Paris et de Rome et qu’elle nécessitera l’implication des parties concernées.
La prudence française indique que le scénario n’est pas arrêté. Elle montre aussi que Paris considère désormais l’après-Finul comme un dossier opérationnel et non comme une réflexion théorique.
La réunion organisée à Paris s’inscrit dans cette logique. Officiellement, elle vise d’abord à évaluer les besoins de l’armée libanaise. Fabien Mandon insiste d’ailleurs dans Nahar du 17 septembre 2026 sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une conférence de donateurs. L’objectif est de déterminer ce dont l’armée aura besoin dans un environnement régional profondément transformé et alors que la mission de la Finul doit prendre fin.
Le soutien à l’armée et l’avenir de la présence internationale deviennent ainsi les deux faces du même dossier. Plus le rôle de l’armée s’élargit, plus ses besoins augmentent. Et moins la future présence internationale sera importante, plus la charge assumée par les militaires libanais sera lourde.
Al Arabi Al Jadid du 17 septembre 2026 souligne également que les discussions sur l’après-Finul accompagnent les préparatifs de soutien à l’armée. Le journal ne fait état d’aucun accord définitif sur la force susceptible de lui succéder. Plusieurs États seraient néanmoins disposés à participer à une formule future.
Washington, Paris et Beyrouth ne parlent pas encore du même cadre
La difficulté majeure ne réside peut-être pas dans le nombre de militaires à déployer. Elle concerne la référence juridique et politique du futur système.
Pour Beyrouth, Joseph Aoun insiste sur la souveraineté de l’État et sur la nécessité d’un cadre juridique. Pour le Hezbollah, selon les informations attribuées à Al Akhbar du 17 septembre 2026, la présence devrait rester liée aux Nations unies et à la résolution 1701. Les Européens préparent parallèlement une mission relevant de leurs propres mécanismes de défense et de sécurité.
Al Akhbar décrit en outre une approche américaine différente. Selon le journal, Washington refuse une formule qui maintiendrait durablement la résolution 1701 comme unique référence et cherche, avec Israël, à donner davantage de poids à l’accord-cadre dans l’organisation politique et sécuritaire du Sud. Cette lecture relève de l’analyse et des informations du journal. Elle ne peut pas être présentée comme une position américaine officiellement formulée dans les documents du corpus.
Elle permet néanmoins de comprendre pourquoi la question du mandat est aussi conflictuelle. Une force relevant des Nations unies serait liée à une décision du Conseil de sécurité. Une mission européenne fonctionnerait sur une base différente, avec l’accord du gouvernement libanais. Un dispositif construit autour de l’accord-cadre placerait les nouvelles dispositions sécuritaires dans la continuité des négociations entre le Liban et Israël sous médiation américaine.
Ces solutions peuvent parfois se compléter. Elles peuvent aussi entrer en concurrence.
Le choix du cadre déterminera les missions autorisées, les mécanismes de contrôle et les interlocuteurs de la future présence internationale. Il déterminera surtout si le dispositif est perçu comme la continuation d’un mandat international existant ou comme le produit du nouvel équilibre politique issu de la guerre et des négociations.
L’armée libanaise devient la pièce centrale du dispositif
Sur un point, les différents acteurs semblent toutefois converger : le futur système doit accorder une place plus importante à l’armée libanaise.
Joseph Aoun le répète dans les déclarations rapportées par Ad Diyar du 17 septembre 2026. Une force internationale ne doit pas remplacer l’État. Elle doit aider l’armée et permettre à l’autorité publique de s’étendre.
Cette logique explique l’importance prise par la réunion de Paris. Les besoins de l’armée ne se limitent plus au maintien de ses missions actuelles. Elle doit envisager un déploiement renforcé au Sud, le contrôle de nouvelles zones, la surveillance des frontières et éventuellement une partie des fonctions aujourd’hui soutenues par la présence internationale.
Le problème des armes du Hezbollah se greffe directement à cette transformation. Joseph Aoun affirme que l’État a pris la décision de concentrer les armes entre les mains des institutions légales. Il précise cependant que ce processus ne doit pas provoquer un affrontement intérieur. La présidence cherche donc à concilier deux objectifs : renforcer progressivement le monopole de l’État et empêcher que sa mise en œuvre déclenche une crise interne.
Cette équation explique aussi pourquoi les discussions sur les zones dites expérimentales intéressent les partenaires étrangers. Le principe consiste à tester, sur des espaces limités, une montée en puissance de l’armée accompagnée d’un retrait israélien et d’un retour de la population. Si cette méthode produit des résultats, elle pourrait fournir un modèle pour d’autres secteurs du Sud.
Mais elle reste fragile. Les journaux du 17 septembre montrent que les appréciations libanaises, israéliennes et américaines divergent déjà sur les résultats obtenus dans ces zones.
Le vrai enjeu : qui fixera les règles du Liban-Sud ?
L’après-Finul révèle ainsi une négociation beaucoup plus vaste que le remplacement d’un contingent par un autre. Les discussions concernent simultanément le rôle de l’armée, la présence européenne, la résolution 1701, l’accord du 27 novembre 2024, l’accord-cadre, le retrait israélien et les armes du Hezbollah.
Les informations d’Al Akhbar du 17 septembre 2026 sur les contacts européens avec le Hezbollah restent les plus sensibles. Elles devront être confirmées avant d’être considérées comme établies. Mais elles sont cohérentes avec un fait plus largement documenté par le corpus : les Européens préparent activement l’échéance de décembre et cherchent une formule susceptible de fonctionner dans un environnement où aucun acteur ne contrôle seul l’ensemble des paramètres.
La mission européenne de trois ans constitue déjà une piste structurée. Le travail franco-italien en constitue une autre. La tentative libanaise de préserver une présence des Nations unies reste ouverte. À cela s’ajoute le mécanisme issu des négociations avec Israël.
Aucun des journaux du 17 septembre 2026 ne permet d’affirmer qu’un successeur à la Finul a déjà été choisi. Les informations disponibles montrent au contraire plusieurs projets en compétition et des conditions encore incompatibles.
C’est là que se situe le véritable enjeu des prochains mois. Le départ de la Finul ne libérera pas seulement des positions militaires. Il risque de faire disparaître le cadre international qui organise depuis des années une partie de la sécurité du Sud. La bataille diplomatique porte donc désormais sur celui qui le remplacera, sur le texte qui lui donnera sa légitimité et sur les pouvoirs qui lui seront accordés.
Derrière les réunions publiques de Paris, les consultations européennes et les échanges rapportés avec le Hezbollah, une nouvelle architecture de sécurité est déjà en discussion. Elle devra répondre à une question décisive : après décembre 2026, la sécurité du Liban-Sud sera-t-elle organisée autour des Nations unies, d’une présence européenne, de l’accord-cadre négocié avec Israël, ou d’une combinaison encore à inventer de ces différents mécanismes ?



