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Négociations Liban-Israël : pourquoi la prochaine réunion de Rome devient incertaine

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La prochaine étape des négociations entre le Liban et Israël devait se jouer à Rome. Pourtant, dans les éditions du 29 septembre 2026, les journaux libanais ne décrivent plus cette échéance avec la même certitude. Al Akhbar parle encore d’une huitième session attendue en octobre sous médiation américaine. Al Joumhouria rapporte, de son côté, un recul des chances de voir une nouvelle réunion se tenir dans la capitale italienne au cours du mois. Cette divergence ne relève pas seulement du calendrier. Elle traduit les difficultés rencontrées par un processus qui doit désormais traiter simultanément du retrait israélien, de la sécurité au Sud, des armes du Hezbollah et des mécanismes permettant de vérifier les engagements des deux parties.

La septième session a déjà montré l’ampleur des désaccords. Selon Al Akhbar du 29 septembre 2026, son blocage ne résulte pas d’un simple différend technique. Israël aurait consolidé sur le terrain une conception reposant sur une « ligne jaune », également décrite comme une ligne de défense avancée. Dans les zones concernées, la profondeur de la présence israélienne varierait entre cinq et douze kilomètres. Le débat sur la prochaine réunion de Rome porte donc sur une question essentielle : existe-t-il encore suffisamment de terrain politique commun pour qu’une nouvelle session produise autre chose qu’une répétition des positions déjà exprimées ?

Une huitième session encore attendue par Al Akhbar

Al Akhbar écrit, le 29 septembre 2026, que l’attente se poursuit avant une huitième session de négociations directes entre les autorités libanaises et Israël, sous parrainage américain, prévue à Rome le mois suivant. Le journal replace cette échéance dans un contexte militaire inchangé. Les forces israéliennes demeurent présentes dans plusieurs secteurs du Sud et continuent, selon lui, de considérer leur dispositif comme une zone tampon.

Cette présentation suggère que le canal de négociation n’est pas officiellement fermé. Une prochaine session demeure envisagée. Toutefois, l’analyse du journal montre aussi combien les positions restent éloignées.

La « ligne jaune » concentre une partie du désaccord. Al Akhbar explique qu’Israël lui attribue une fonction militaire précise : empêcher les menaces terrestres ou les tirs directs à proximité immédiate de ses localités frontalières. Cette ligne ne réglerait pourtant pas la question des roquettes et des drones capables d’opérer depuis des zones plus éloignées.

Le problème dépasse donc le tracé de la présence israélienne. Il concerne aussi la liberté d’action qu’Israël souhaite conserver au-delà de cette ligne. Même un accord sur un redéploiement ne signifierait pas nécessairement la fin des opérations militaires plus au nord.

Pour le Liban, une telle logique pose une difficulté majeure. Le processus de négociation doit conduire au retrait israélien et au rétablissement de l’autorité de l’État. Il ne peut pas simplement transformer une occupation terrestre en capacité permanente d’intervention à distance.

C’est sur ce terrain que la prochaine réunion devrait théoriquement progresser. Or rien dans les fichiers du 29 septembre ne montre qu’un compromis soit déjà disponible.

Al Joumhouria constate un recul des chances

Al Joumhouria donne une lecture plus pessimiste de l’échéance. Dans son édition du 29 septembre 2026, le journal rapporte que les responsables suivant le dossier constatent une diminution des chances de tenir une nouvelle session à Rome en octobre.

Le journal relie cette incertitude au calendrier israélien. Les élections à la Knesset doivent avoir lieu le 27 octobre. À mesure que l’échéance approche, les marges politiques pour consentir des concessions se réduisent.

Al Joumhouria développe longuement cette dimension. Selon son analyse, Benjamin Netanyahu n’aurait guère intérêt à présenter avant le scrutin des concessions susceptibles d’être utilisées contre lui par ses adversaires. Le journal considère donc que même si une session avait lieu, ses chances de produire une avancée seraient faibles.

Il faut ici distinguer deux niveaux. La baisse des chances de tenir la réunion est une information attribuée aux responsables suivant le dossier. L’évaluation du comportement électoral de Netanyahu relève davantage de l’analyse publiée par le journal.

Cette distinction n’enlève rien au constat principal : le calendrier diplomatique entre désormais en collision avec le calendrier politique israélien.

La négociation ne se déroule plus seulement entre deux parties cherchant un arrangement sécuritaire. Elle intervient au cœur d’une campagne où la situation au Liban peut elle-même devenir un argument électoral.

Smotrich durcit encore le climat

Les déclarations de Bezalel Smotrich compliquent davantage le contexte.

Al Joumhouria rapporte que le ministre israélien des Finances a déclaré souhaiter l’annexion de territoires allant au moins jusqu’à la « ligne jaune » à Gaza et jusqu’au Litani au Liban. Il justifie cette position par la nécessité, selon lui, de modifier les conditions territoriales après la guerre afin de créer une dissuasion durable.

Cette déclaration n’équivaut pas à une décision du gouvernement israélien. Elle ne permet pas non plus d’affirmer que les négociateurs israéliens ont officiellement posé l’annexion jusqu’au Litani comme condition à Rome.

Elle modifie cependant l’environnement de la négociation.

Al Joumhouria souligne que ces propos entrent en contradiction avec l’engagement israélien de ne pas avoir d’ambitions territoriales au Liban tel qu’il apparaît dans le cadre discuté. La question n’est donc plus uniquement militaire. Elle touche à la confiance accordée aux engagements pris dans le processus.

Asharq Al-Awsat, dans son édition du même jour, revient également sur les propos de Smotrich. Le journal les examine avec davantage de prudence. Il cite le général libanais à la retraite Hicham Jaber, qui estime que la revendication territoriale doit notamment être comprise comme une manière d’élever le plafond des demandes israéliennes.

Les deux publications permettent ainsi de distinguer le fait politique de son interprétation. Smotrich a formulé une revendication concernant le Litani. En revanche, les sources disponibles ne démontrent pas que cette revendication constitue la position officielle appelée à être défendue lors de la prochaine session.

Pour Beyrouth, elle reste néanmoins un signal préoccupant.

Nawaf Salam tente de remettre le cadre au centre

Pendant que l’incertitude grandit autour de Rome, Nawaf Salam cherche à renforcer le rôle américain dans l’application du cadre existant.

Plusieurs journaux du 29 septembre 2026 rendent compte de sa rencontre avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio à Washington. Al Binaa rapporte que le Premier ministre a demandé le passage à une phase concrète d’application du cadre tripartite. Il a insisté sur les principes de réciprocité et de progressivité.

Le message libanais est précis. Le retrait israélien et l’extension de l’autorité de l’État doivent avancer parallèlement.

Salam demande également un calendrier clair pour l’exécution des engagements. Il souhaite la mise en place d’un mécanisme crédible permettant de vérifier que chaque partie respecte ses obligations. L’objectif est d’éviter qu’un retard ou une absence d’exécution soit utilisé comme justification pour bloquer l’ensemble du processus.

Al Joumhouria rapporte les mêmes priorités. Le Premier ministre aurait également demandé aux États-Unis d’exercer davantage de pression sur Israël afin de mettre fin aux attaques et aux destructions dans les villages du Sud.

La position de Beyrouth consiste donc à empêcher une négociation sans échéance.

Si le retrait israélien dépend d’une série d’objectifs dont la réalisation peut être continuellement jugée insuffisante, la présence israélienne risque de se prolonger. À l’inverse, si les mesures concernant les armes sont renvoyées après un retrait total, Israël pourrait considérer que ses garanties de sécurité disparaissent.

Le principe de progressivité cherche précisément à sortir de cette contradiction.

Les messages américains rapportés par Al Araby Al Jadid

Les informations publiées par Al Araby Al Jadid montrent toutefois que la discussion avec Washington est plus difficile que ne le laisse apparaître le langage diplomatique officiel.

Selon le journal du 29 septembre 2026, Nawaf Salam aurait reçu à New York plusieurs messages, notamment américains. Ils auraient indiqué qu’Israël entend continuer ses opérations et maintenir sa zone de sécurité dans le Sud tant que l’État libanais ne prendra pas, selon cette position rapportée, des mesures jugées suffisamment sérieuses concernant les armes du Hezbollah.

Al Araby Al Jadid ajoute que des responsables américains auraient considéré les démarches du gouvernement comme insuffisantes. Ils auraient appelé à accélérer le processus de monopole des armes par l’État et à traiter le dossier avec davantage de fermeté.

Ces informations sont attribuées aux sources du journal. Elles ne peuvent donc pas être transformées en position officielle américaine sans cette précision.

Elles éclairent néanmoins le blocage potentiel de Rome.

Si Washington considère que les progrès libanais sont insuffisants, la médiation américaine risque de se concentrer davantage sur les obligations de Beyrouth. Si le Liban considère parallèlement qu’Israël n’exécute pas ses propres engagements, la réciprocité demandée par Nawaf Salam devient difficile à mettre en œuvre.

La négociation se retrouve alors prise dans une question classique : qui doit agir en premier ?

Le Hezbollah refuse le cadre actuel

Le dossier des armes complique encore davantage la marge de manœuvre du gouvernement.

Al Araby Al Jadid rapporte que Naim Kassem a demandé aux autorités libanaises de revoir le parcours des négociations, de mettre fin aux concessions et de revenir d’un format direct à un format indirect. Le secrétaire général du Hezbollah rejette donc une partie de l’architecture actuelle.

Al Sharq du 29 septembre 2026 revient lui aussi sur ses déclarations. Naim Kassem refuse de dissocier la question des armes de celle du retrait israélien, du retour des habitants et du dossier des prisonniers.

La position du gouvernement est différente. Nawaf Salam affirme que le monopole des armes par l’État constitue un objectif libanais et qu’il doit avancer dans le cadre du rétablissement de la souveraineté.

Les négociateurs libanais doivent donc gérer deux contraintes simultanées.

À l’extérieur, Israël et les États-Unis demandent des avancées sur les armes. À l’intérieur, le Hezbollah refuse que ce dossier soit traité indépendamment du retrait et des autres questions liées au conflit.

Une réunion à Rome ne peut pas résoudre cette contradiction si aucun compromis politique n’est préparé en amont à Beyrouth.

Le terrain continue de peser sur la table

Les négociations se déroulent par ailleurs sous pression militaire.

Al Sharq rapporte le 29 septembre plusieurs frappes, bombardements et opérations israéliennes dans le Sud. Le journal mentionne notamment Zibqin, Yater, Talloussa, Mays al-Jabal, Haris, Hadatha, Qantara et Zawtar al-Charqiya. Il signale aussi des mouvements de chars israéliens dans le secteur d’Arnoun.

Al Araby Al Jadid décrit de son côté un Sud qui se réveille presque quotidiennement sous une nouvelle séquence d’escalade. Le journal rapporte également le démantèlement par l’armée libanaise d’une caméra d’espionnage israélienne équipée d’un dispositif solaire près de Wadi Zibqin.

Ces opérations ne sont pas extérieures au processus diplomatique. Elles déterminent directement le climat dans lequel les négociateurs travaillent.

Pour le Liban, la poursuite des frappes rend plus difficile la défense d’un processus dont les résultats restent peu visibles. Pour Israël, la pression militaire semble rester un outil destiné à modifier les conditions sécuritaires avant tout accord.

La négociation et l’action militaire ne se succèdent donc pas. Elles avancent simultanément.

Rome risque de devenir une réunion sans résultat

C’est probablement la principale interrogation soulevée par la comparaison entre Al Akhbar et Al Joumhouria.

Al Akhbar continue de parler d’une huitième session attendue. Al Joumhouria observe que les chances de la tenir diminuent. Mais les deux journaux convergent indirectement sur un point : même si la réunion se déroule, aucun élément décisif ne permet encore d’annoncer une percée.

La tenue d’une session n’est donc pas synonyme de progrès.

Pour produire un résultat, Rome devrait permettre au minimum de clarifier la séquence des engagements. Quel retrait Israël doit-il effectuer ? À quel rythme ? Quelles mesures l’État libanais doit-il prendre parallèlement ? Comment seront-elles vérifiées ? Quelle liberté d’action Israël conserverait-il après un éventuel retrait ? Et quel serait le statut de la « ligne jaune » ?

À ces questions s’ajoute désormais celle de l’après-UNIFIL. Al Joumhouria rapporte dans la même édition les inquiétudes diplomatiques liées à l’absence d’un dispositif de remplacement clairement défini. La sécurité du Sud ne peut donc pas être pensée uniquement à travers les relations entre Beyrouth et Israël. Elle dépend aussi de la présence internationale et des capacités futures de l’armée libanaise.

Une négociation qui ignorerait ces éléments risquerait de produire un accord difficile à appliquer.

Octobre devient un mois politique avant d’être diplomatique

Le calendrier est désormais l’un des principaux obstacles.

Les élections israéliennes sont prévues le 27 octobre. Dans ce contexte, toute concession territoriale ou militaire peut être utilisée dans la compétition politique. Les déclarations de Smotrich illustrent au contraire une dynamique de surenchère.

Al Joumhouria estime que cette réalité réduit les chances de progrès avant le scrutin. Même une réunion organisée à Rome pourrait donc avoir surtout pour fonction de maintenir le canal ouvert.

Cette fonction n’est pas négligeable. Dans un contexte de frappes et de présence militaire sur le terrain, conserver un canal de discussion peut éviter une rupture complète.

Mais elle est très différente d’une négociation capable de produire un retrait.

Le véritable test ne sera donc pas nécessairement de savoir si les délégations se rendent à Rome. Il sera de déterminer si les États-Unis parviennent à obtenir des deux parties des engagements suffisamment précis pour rendre la réunion utile.

Une incertitude qui révèle le blocage de fond

Les informations disponibles au 29 septembre 2026 ne permettent pas d’affirmer que la huitième session est annulée. Al Akhbar continue de la présenter comme attendue. Elles ne permettent pas davantage de garantir qu’elle aura lieu. Al Joumhouria rapporte au contraire une baisse des probabilités.

Cette divergence constitue elle-même une information.

Elle montre que le processus reste ouvert mais fragile. Aucun calendrier diplomatique ne semble assez solide pour résister aux évolutions du terrain et de la politique israélienne.

Les obstacles sont désormais clairement identifiés. Israël veut des garanties concernant le Hezbollah et conserve une présence militaire dans le Sud. Le Liban exige un retrait complet et cherche à imposer une progression réciproque. Le Hezbollah conteste le format direct et refuse de traiter ses armes indépendamment du retrait. Washington tente de maintenir le cadre tout en exerçant, selon les informations de Al Araby Al Jadid, une pression importante sur Beyrouth.

Dans ces conditions, Rome ne peut être qu’une étape.

Sa tenue montrerait que le canal n’est pas rompu. Son report confirmerait que les positions restent trop éloignées pour justifier immédiatement une nouvelle session. Dans les deux cas, le problème resterait identique : transformer un cadre diplomatique existant en engagements exécutables sur le terrain.

La véritable question n’est donc plus seulement de savoir quand aura lieu la prochaine réunion. Elle est de savoir ce que les parties seraient réellement prêtes à y négocier.

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